Le Togo passe un nouveau cap dans la surveillance de ses produits stratégiques. Après les boissons, les cigarettes et les jus, ce sont désormais les carburants qui sont intégrés au système national de traçabilité. Depuis mai 2025, le marquage du gasoil industriel est devenu obligatoire, marquant le début d’une nouvelle phase de contrôle dans le secteur pétrolier.
Une avancée technique et politique
Ce dispositif s’appuie sur la Solution automatisée de marquage (SAM), déjà utilisée dans d’autres secteurs. Pilotée par le ministère du Commerce, avec l’appui technique de la société suisse SICPA SA, cette mesure vise à mieux encadrer l’importation, la distribution et la qualité des produits pétroliers.
Le lancement officiel du programme pour les carburants a eu lieu en mai. Quelques semaines plus tard, le 12 juin à Lomé, les autorités ont entamé une campagne de sensibilisation à destination des opérateurs du secteur, importateurs, transporteurs et responsables de stations-service. Le but : les préparer à une extension prochaine du marquage à d’autres produits comme le super sans plomb et le gasoil routier.
Objectifs multiples
Pour les autorités togolaises, l’enjeu est triple :
– Garantir aux consommateurs des carburants de qualité,
– Lutter contre la fraude sur les volumes et les mélanges,
– Renforcer les recettes fiscales issues du secteur pétrolier.
La traçabilité permettra également de repérer les circuits parallèles et les produits contrefaits, tout en améliorant la durabilité des moteurs grâce à un carburant conforme aux normes.
Un changement visible dès les stations
Dans les mois à venir, les contrôles vont se multiplier dans les points de distribution. Des inspecteurs formés seront chargés de vérifier la conformité des carburants via le marquage invisible ajouté dès l’importation. Ce système permettra aussi aux consommateurs, grâce à une application mobile, de vérifier l’origine et la qualité du produit directement à la pompe.
Le dispositif a déjà fait ses preuves : dans les secteurs agroalimentaires concernés depuis 2020, la Solution SAM a permis de tracer plus de deux milliards de produits, générant plus de 35 milliards FCFA de recettes pour l’État.
Un pays qui modernise ses outils de contrôle
Le passage à la traçabilité pétrolière traduit une volonté claire du gouvernement : renforcer la transparence économique, améliorer la gouvernance, et offrir aux citoyens des produits plus sûrs. C’est également une réponse directe à la pression environnementale, aux plaintes des usagers et aux engagements pris sur la scène régionale.
En attendant la généralisation complète du marquage, les consommateurs peuvent déjà se préparer : les carburants qu’ils achètent seront bientôt traçables, contrôlés… et, espèrent les autorités, enfin fiables.
La Rédaction

