Vingt années de coopération économique, politique et stratégique se dessinent entre l’Union européenne et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Au cœur de cette nouvelle architecture internationale, le Togo occupe une place particulière : après avoir conduit les négociations au nom de ses partenaires, Lomé prépare désormais son adhésion définitive à un accord appelé à influencer les investissements, les échanges et les politiques de développement.
L’accord de Samoa ne constitue pas simplement le prolongement d’un partenariat historique. Il traduit une évolution des relations entre l’Europe et les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, dans un environnement international marqué par la diversification des alliances économiques et des priorités stratégiques.
Signé le 15 novembre 2023 à Apia, aux Samoa, après cinq années de négociations, ce texte succède à l’accord de Cotonou. Le Togo avait assuré la fonction de négociateur en chef pour l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP).
Une coopération élargie aux enjeux contemporains
Le nouveau cadre couvre notamment les investissements, la gouvernance, la paix, la sécurité, l’environnement et les questions migratoires.
Son architecture comprend un protocole spécifiquement consacré à l’Afrique, destiné à mieux prendre en compte les priorités économiques, sociales et institutionnelles du continent.
Cette approche doit permettre de développer des partenariats adaptés aux réalités régionales, notamment dans les domaines de la croissance durable, du développement humain et de la stabilité.
Des perspectives économiques pour le Togo
Pour Lomé, l’accord peut renforcer les possibilités de coopération avec les institutions européennes et les autres membres de l’OEACP.
La mobilisation de financements, l’accompagnement des investissements et le soutien aux programmes de développement figurent parmi les perspectives attendues.
Ces possibilités ne constituent toutefois pas des engagements financiers automatiquement acquis. Leur concrétisation dépendra des programmes négociés, des projets présentés et des mécanismes de coopération mobilisés.
De la négociation à la ratification
Le gouvernement togolais a adopté, le 22 octobre 2026, un projet de loi autorisant la ratification de l’accord. Cette étape ouvre la voie à la procédure parlementaire nécessaire à sa ratification par le Togo.
Pour le pays qui avait conduit les discussions au nom de l’OEACP, cette démarche marque le passage de la construction diplomatique du partenariat à son appropriation nationale.
L’accord de Samoa offre ainsi un cadre de coopération de longue durée. Les retombées pour le Togo dépendront des initiatives économiques et des projets de développement qui pourront y prendre place.
La Rédaction

