Le troisième sommet Russie-Afrique, ouvert le 28 octobre 2026 à Moscou, place les investissements, l’énergie, les infrastructures et le commerce au centre des négociations. Parmi les dirigeants africains présents, le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, participe à une rencontre où plusieurs accords ont déjà été conclus, tandis que d’importants projets économiques restent en discussion.
Au-delà de sa dimension diplomatique, le sommet Russie-Afrique entend donner une traduction économique aux partenariats entre Moscou et les pays du continent. Les délégations de 48 États africains y examinent des projets touchant à l’énergie, à l’agriculture, aux transports, aux investissements industriels et aux technologies.
Pour le Togo, cette rencontre intervient dans le prolongement de la commission mixte intergouvernementale organisée à Lomé fin septembre. Sous l’impulsion de Faure Gnassingbé, plusieurs dossiers économiques entrent dans une nouvelle phase de négociation.
Le Togo entre accords signés et projets industriels
L’un des engagements majeurs concerne l’énergie nucléaire civile. Un mémorandum signé le 28 octobre avec Rosatom prévoit l’étude de solutions de production électrique, notamment des unités nucléaires flottantes, ainsi que des applications médicales et agricoles. Aucun contrat de construction ni financement définitif n’a cependant été annoncé.
Autre dossier stratégique, le projet de corridor énergétique Lomé-Sahel pourrait permettre l’acheminement de gaz naturel liquéfié russe vers les pays sahéliens à partir du port de Lomé. Les discussions portent également sur les infrastructures maritimes, ferroviaires et logistiques nécessaires au développement de cet axe commercial.
Dans l’agriculture, les perspectives concernent la fourniture d’engrais, la mécanisation, l’irrigation et la création éventuelle d’unités locales de transformation des phosphates. Les secteurs minier, métallurgique et industriel figurent également parmi les domaines de coopération étudiés.
En parallèle, deux accords signés le 27 octobre avec Eurasia et Rossotroudnitchestvo ouvrent des perspectives dans les infrastructures sociales, la formation agricole, la recherche et l’enseignement supérieur. Un mémorandum distinct concerne la coopération entre institutions de défense des droits humains.
Des contrats et investissements à l’échelle africaine
À l’échelle continentale, Moscou cherche à élargir ses débouchés commerciaux et ses investissements. Selon les autorités russes, les échanges avec l’Afrique ont dépassé 27 milliards de dollars en 2025.
L’énergie constitue un secteur central. Le chantier de la centrale nucléaire égyptienne d’El Dabaa illustre les investissements russes déjà engagés, tandis que d’autres pays africains discutent de nouveaux partenariats énergétiques.
Les approvisionnements en céréales et en engrais, les infrastructures agricoles, les transports et les systèmes de paiement figurent également parmi les priorités. Vladimir Poutine a évoqué la possibilité de développer davantage la transformation locale des matières premières et les projets industriels conjoints.
Des ambitions soumises à l’épreuve du financement
Le sommet doit également définir un plan d’action pour 2027-2029. Mais la multiplication des accords-cadres ne garantit pas automatiquement leur exécution.
Pour le Togo comme pour les autres pays participants, les enjeux déterminants seront les montants effectivement investis, les conditions financières négociées, les emplois créés et les transferts de technologies obtenus.
À Moscou, les discussions dessinent ainsi les contours d’une coopération économique élargie. Reste à transformer ces engagements en infrastructures opérationnelles, en capacités industrielles et en résultats tangibles pour les économies africaines.
La Rédaction

