Sur la côte togolaise, la noix de coco représente bien davantage qu’une production agricole traditionnelle. Sa transformation en huile, savon et autres produits dérivés ouvre des perspectives économiques aux communautés locales. À Zébé, dans la préfecture des Lacs, des coopératives féminines viennent de recevoir des équipements destinés à accroître leur capacité de production. Derrière cet appui matériel se dessine un enjeu plus large : conserver davantage de valeur ajoutée dans les territoires producteurs.
Dans la filière coco, la rentabilité ne dépend pas uniquement des quantités récoltées. Elle repose aussi sur la capacité des producteurs à transformer la matière première, à diversifier leurs débouchés et à commercialiser des produits de meilleure valeur.
Pour les petites coopératives, cette étape demeure exigeante lorsque les opérations de broyage, de pressage ou de cuisson reposent principalement sur des procédés manuels.
Transformer davantage, gagner en autonomie
Les sociétés coopératives simplifiées (SCOOPS) bénéficiaires ont reçu des presses, broyeuses, concasseuses, fours, tonneaux et marmites. Ces équipements doivent alléger les tâches physiques et améliorer les conditions de transformation.
L’enjeu dépasse cependant la mécanisation. Une production mieux organisée peut permettre aux femmes de développer leurs activités, de consolider leurs revenus et de renforcer leur place dans l’économie locale.
La disponibilité du matériel ne garantit pas, à elle seule, cette progression. L’accès aux marchés, la qualité des produits et la gestion collective des équipements seront déterminants.
Une économie côtière confrontée aux changements climatiques
Cette initiative s’inscrit dans un programme de résilience des communautés côtières, financé à hauteur de plus de 4,46 milliards de FCFA par le Fonds pour l’environnement mondial, à travers la FAO.
Lancé en 2022 pour quatre ans, il associe préservation des écosystèmes et diversification des activités économiques.
Son intervention couvre huit préfectures de la région Maritime : Golfe, Agoè-Nyivé, Zio, Avé, Vo, Yoto, Lacs et Bas-Mono. Des formations en savonnerie, vannerie, poterie et agriculture durable ont également été organisées.
À Zébé, la transformation du coco illustre ainsi une possibilité de développement local : créer davantage de richesse à partir des ressources disponibles, tout en réduisant la vulnérabilité économique des communautés côtières.
La Rédaction

