Sur le littoral togolais, la lutte contre l’avancée de la mer franchit une nouvelle étape. Vingt-six épis de protection viennent d’être réceptionnés provisoirement entre Gbodjomé et Kpémé. Derrière ces aménagements se joue un enjeu essentiel : préserver les terres côtières, sécuriser les habitations et maintenir les activités économiques dans une zone particulièrement exposée à l’érosion.
Le recul du trait de côte constitue une menace persistante pour les communautés installées en bordure de l’océan Atlantique. À mesure que la mer gagne du terrain, ce sont des espaces de vie, des infrastructures et des moyens de subsistance qui se retrouvent fragilisés.
Pour contenir ce phénomène, le Togo poursuit la construction d’ouvrages destinés à modifier localement la circulation des sédiments. Les 26 nouveaux épis, réceptionnés provisoirement début octobre 2026, couvrent le tronçon Gbodjomé–Agbodrafo–Goumoukopé–Kpémé.
Retenir le sable pour stabiliser le rivage
Implantés perpendiculairement à la plage, les épis ralentissent le transport des sédiments provoqué par les courants marins. Leur rôle consiste à favoriser l’accumulation de sable sur certaines portions du littoral et à réduire la vitesse du recul côtier.
Ces ouvrages s’ajoutent à plusieurs interventions antérieures : sept épis récemment construits à Agbodrafo, six infrastructures réhabilitées et un brise-lames prolongé de 200 mètres à Aného.
L’efficacité de ces dispositifs dépend toutefois de leur implantation et de leur suivi. En retenant le sable à un endroit, un épi peut modifier son déplacement vers les secteurs voisins. La surveillance du trait de côte reste donc indispensable pour mesurer les effets réels des aménagements.
Un programme régional à l’épreuve des résultats
Ces travaux relèvent du Projet d’investissement pour la résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest (WACA ResIP), soutenu financièrement par la Banque mondiale.
À fin septembre 2026, le programme affichait un taux d’exécution physique de 70 %, contre 94 % pour l’exécution financière.
Cet écart de 24 points appelle une attention particulière. Il ne suffit pas, à lui seul, à établir un retard injustifié ou une mauvaise utilisation des ressources, les deux indicateurs ne mesurant pas nécessairement les mêmes opérations. Il souligne néanmoins l’importance d’un suivi précis des réalisations avant la clôture prévue en 2027.
Protéger les populations sur la durée
La réception provisoire des nouveaux épis marque une avancée dans le déploiement des protections côtières, sans constituer une validation définitive de leur efficacité.
La préservation du littoral exigera également un entretien régulier, une observation des mouvements du sable et une gestion maîtrisée des occupations en bord de mer.
Car au-delà du nombre d’ouvrages construits, le résultat attendu reste concret : permettre aux populations côtières de vivre et de travailler sans voir progressivement disparaître le territoire dont elles dépendent.
La Rédaction

