Un marché de plus de 1,4 milliard d’habitants. Des perspectives nouvelles pour les produits togolais. Des accords commerciaux et douaniers susceptibles de faciliter les échanges. Au terme de huit jours en Chine, Faure Essozimna Gnassingbé a contribué à ouvrir des portes dont la portée dépasse largement son gouvernement. L’occasion est nationale. Elle appelle désormais une mobilisation tout aussi nationale, au-delà des appartenances politiques, des intérêts particuliers et des divergences qui traversent la société togolaise.
Il est des opportunités qu’un pays ne peut se permettre de regarder passer. Non parce qu’elles promettent une prospérité immédiate, mais parce qu’elles lui offrent la possibilité de changer d’ambition.
Du 9 au 16 octobre 2026, le Président du Conseil a conduit en Chine une mission diplomatique et économique marquée notamment par un protocole phytosanitaire relatif au soja togolais et un accord de coopération douanière. Ces engagements renforcent les conditions dans lesquelles les entreprises nationales peuvent envisager de nouveaux échanges avec la deuxième économie mondiale.
Mais la signature des accords n’est pas la fin du voyage. Pour le Togo, elle doit en être le commencement.
Un milliard quatre cents millions de consommateurs : qui ira les chercher ?
La Chine n’est pas un marché que l’on conquiert par la seule force des déclarations. Ses consommateurs ont leurs habitudes, ses importateurs leurs exigences, ses entreprises leurs réseaux. Pour y trouver leur place, les opérateurs togolais devront prospecter, convaincre, respecter les normes et construire des partenariats durables.
Le consommateur chinois ne se déplacera pas nécessairement jusqu’à nos exploitations agricoles ou nos ateliers. C’est à nous d’aller vers lui, avec des produits, des projets et une ambition à la mesure des possibilités qui s’ouvrent.
Pourquoi une coopérative ne viserait-elle pas un contrat de 50 millions de FCFA ? Pourquoi une entreprise togolaise ne chercherait-elle pas à développer un partenariat de 100 millions ? Ces montants ne sont ni acquis ni garantis. Ils illustrent ce que pourrait représenter une démarche commerciale sérieusement préparée.
La diplomatie a accompli une partie essentielle du travail. Aux entrepreneurs, aux producteurs, aux banques, aux organisations professionnelles et aux investisseurs de prolonger cet effort.
Le développement n’a pas de couleur politique
Cette mobilisation concerne aussi ceux qui animent la vie publique.
Jean-Pierre Fabre, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, Nathaniel Olympio, Paul Dodji Apévon, Aimé Gogué, Komi Wolou et les autres responsables de l’opposition ont leur place dans cet élan, comme les élus de la majorité et les responsables des institutions.
Leurs divergences politiques demeurent légitimes. Mais pourquoi ne pas mobiliser également leurs relations internationales, leurs réseaux et leurs compétences au bénéfice d’initiatives économiques concrètes ?
Une mission de prospection, une rencontre avec des investisseurs, un partenariat permettant de créer ne serait-ce que cent emplois : de telles réalisations auraient une valeur qui dépasserait les appartenances partisanes.
On peut défendre des visions différentes de l’avenir du Togo et contribuer, chacun à sa manière, à son développement. La prospérité nationale n’est la propriété d’aucun camp.
À toute une nation de prendre le relais
Les possibilités ouvertes en Chine ne doivent pas rester l’affaire des seuls grands opérateurs. La diaspora peut identifier des partenaires, les jeunes entrepreneurs proposer des innovations, les agriculteurs se regrouper pour répondre à des commandes et les institutions publiques faciliter l’accès aux informations et aux financements.
Rien ne se fera sans travail, sans préparation ni sans prise de risque. Un marché immense n’est pas un marché automatiquement accessible. Il faut en comprendre les règles, en affronter la concurrence et mériter la confiance de ses acheteurs.
C’est précisément pourquoi l’effort doit être collectif.
Les huit jours de Faure Gnassingbé en Chine ne prendront toute leur dimension que lorsque les possibilités diplomatiques se traduiront en contrats, en investissements, en revenus et en emplois.
Les portes ont été ouvertes. Il serait dommage que les Togolais restent sur le seuil, occupés à débattre de celui qui en détient la clé.
À chacun désormais de faire sa part.
La Rédaction

