Le Soleil n’a pas dit son dernier mot. Récemment, une puissante éruption de classe X2.7 a provoqué des perturbations radio majeures sur trois continents. Et ce n’est peut-être qu’un début.
Une explosion solaire de type X2.7 — la plus intense enregistrée cette année — a jailli de la tache solaire AR4087, semant le chaos dans les communications. L’événement a immédiatement affecté les transmissions haute fréquence en Europe, en Asie et au Moyen-Orient, causant des interruptions notables pour les opérateurs radio et certains systèmes de navigation.
Ce type d’éruption, classé parmi les plus extrêmes selon l’échelle de mesure des tempêtes solaires, illustre une montée en puissance de l’activité solaire alors que notre étoile approche de son pic de cycle.
Une alerte mondiale déclenchée
L’éruption a été captée en temps réel par le satellite SDO de la NASA, révélant un flash ultraviolet intense sur le limbe est du Soleil. Bien que spectaculaire, l’événement est surtout préoccupant pour ce qu’il annonce. Selon le NOAA Space Weather Prediction Center, la région active AR4087, encore en bordure solaire au moment de l’explosion, est désormais en train de pivoter face à la Terre.
« Cette région devient problématique », prévient Vincent Ledvina, géophysicien spécialisé dans la météorologie spatiale. « Elle a généré plusieurs éruptions en quelques heures. »
La plus récente, une éruption de classe M7.74, a été enregistrée dans la nuit du 15 mai, soulignant la forte instabilité de cette zone magnétique. Bien qu’aucune éjection de masse coronale (CME) n’ait été confirmée pour l’instant, le risque demeure. Une CME orientée vers la Terre pourrait déclencher des orages géomagnétiques sévères.
Quelles conséquences à prévoir ?
En cas d’impact direct d’une CME sur la magnétosphère terrestre, les perturbations pourraient dépasser les simples pannes radio. Les satellites, les systèmes GPS, les réseaux électriques, voire les vols aériens en haute altitude, seraient vulnérables. Dans un scénario extrême, des aurores boréales pourraient être visibles jusqu’à des latitudes inhabituelles, bien en dehors des cercles polaires.
Cette alerte intervient dans un contexte d’activité solaire en forte hausse, caractéristique des phases de pic du cycle de 11 ans que connaît notre étoile. Le dernier cycle de ce type avait atteint son sommet en 2014. Le présent cycle pourrait être encore plus actif, préviennent les spécialistes.
Pour l’heure, les agences spatiales maintiennent leur vigilance. Les opérateurs de satellites et les compagnies aériennes ont été prévenus. Si la tache AR4087 continue d’évoluer, une nouvelle salve d’éruptions pourrait frapper notre planète de plein fouet dans les prochains jours.
La Rédaction

