Les défenseurs de l’ancien Premier ministre tchadien, aujourd’hui incarcéré, tirent la sonnette d’alarme sur l’état de santé de leur client, évoquant des troubles respiratoires graves et des conditions de détention préoccupantes.
Une demande urgente restée sans réponse
Le 13 octobre 2025, les avocats de Succès Masra, ex-Premier ministre et figure emblématique de l’opposition tchadienne, ont déposé une demande de libération provisoire pour raisons médicales. Ils sollicitent également une autorisation de sortie du territoire afin que leur client puisse recevoir des soins appropriés à l’étranger.
Selon eux, aucune réponse officielle n’a encore été donnée par les autorités.
L’équipe médicale de M. Masra évoque plusieurs pathologies, dont des troubles respiratoires sévères. Le médecin traitant recommande une prise en charge urgente hors du pays, les infrastructures locales ne permettant pas, selon lui, un suivi adapté.
Des séquelles liées à une exposition aux gaz lacrymogènes
Le secrétaire général du parti Les Transformateurs, Dr Tog-Yeum Nagorngar, affirme que les troubles de santé de l’opposant remontent à 2019, lors de la création du mouvement politique.
À cette époque, le leader aurait été exposé à une forte concentration de gaz lacrymogènes lors d’une répression policière. Depuis, ses capacités respiratoires se seraient dégradées, aggravées par les conditions actuelles de détention.
Conditions de détention contestées
Me Ouande, l’un de ses avocats, décrit une situation « préoccupante ».
Selon lui, Succès Masra est enfermé dans un ancien bureau reconverti en cellule, dort à même le sol sur de simples couvertures et vit en quasi isolement. Il précise toutefois qu’il dispose d’un accès limité aux sanitaires.
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De son côté, le gouvernement dément ces accusations. Le ministre de la Communication, Gassim Cherif, assure que l’ancien Premier ministre « est détenu dans les meilleures conditions possibles au Tchad ». Il affirme également qu’une contre-expertise médicale aurait conclu que son état « ne nécessite pas d’évacuation ».
Les avocats de la défense affirment, pour leur part, ne pas avoir eu connaissance de ce rapport.
Un opposant politique condamné lourdement
Le 9 août 2025, Succès Masra a été condamné à 20 ans de prison ferme et à verser 1 milliard de francs CFA (soit environ 1,52 million d’euros) de dommages et intérêts.
Les chefs d’accusation portent sur la diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe, ainsi que sur la complicité de meurtre dans l’affaire de Mandakao, où une quarantaine de personnes ont été tuées dans un village du sud du pays, deux jours avant son arrestation.
Un dossier éminemment politique
Pour de nombreux observateurs, l’affaire Masra dépasse le cadre judiciaire. Elle illustre les tensions persistantes entre le pouvoir en place et l’opposition depuis la transition politique post-Déby.
La communauté internationale, quant à elle, reste prudente mais attentive à l’évolution de la situation, notamment sur la question du respect des droits humains et de la santé des détenus politiques au Tchad.
La Rédaction

