Abidjan accueille, du 26 au 30 mai 2025, les 60e Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), axées sur la valorisation du capital africain pour bâtir un développement durable. L’élection d’un nouveau président de l’institution sera l’un des moments forts de cette rencontre stratégique.
C’est dans un contexte économique mondial incertain, mais porteur de renouveau pour le continent, que s’ouvrent à Abidjan les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Durant cinq jours, chefs d’État, ministres, gouverneurs de banques centrales, institutions financières, acteurs privés, ONG, chercheurs et influenceurs africains et internationaux — plus de 6 000 participants — se réunissent autour d’un objectif commun : activer les leviers endogènes du développement africain.
Cap sur le capital africain
Placée sous le thème « Tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour favoriser son développement », cette 60e édition marque un tournant stratégique. L’ambition affichée : miser sur les richesses propres du continent — humaines, naturelles, financières et commerciales — pour accélérer sa transformation structurelle.
L’idée est claire : plutôt que de dépendre exclusivement des ressources extérieures, il s’agit de renforcer l’autonomie du continent en investissant dans ses talents, en valorisant ses matières premières et en stimulant ses marchés intérieurs. La BAD entend ainsi favoriser l’émergence d’économies plus inclusives, écologiques et résilientes.
Une élection décisive
Outre les débats techniques et politiques, l’élection du prochain président du Groupe de la BAD sera scrutée avec attention. Ce scrutin influencera les grandes orientations de la banque pour les années à venir, dans un monde où les équilibres financiers sont de plus en plus incertains et les enjeux climatiques de plus en plus pressants.
Objectifs globaux, réponses africaines
Au programme : discussions sur la transformation numérique, la gouvernance, l’intégration régionale, le développement des chaînes de valeur et la finance verte. Les objectifs sont alignés avec les cadres mondiaux et continentaux : les Objectifs de développement durable (ODD), l’Agenda 2063 de l’Union africaine, l’Accord de Paris et les « High 5 » de la BAD.
Les Assemblées permettent aussi à la Banque et à ses filiales — notamment le Fonds africain de développement et le Fonds spécial du Nigéria — de faire le bilan de leurs actions et de réajuster leur cap avec leurs actionnaires.
Une voix africaine renforcée
Alors que les déséquilibres géopolitiques s’accentuent, cette rencontre est perçue comme une occasion pour l’Afrique de renforcer sa souveraineté économique. Produire localement, transformer sur place, échanger équitablement : le continent veut désormais négocier en position de force et bâtir un modèle de développement par et pour les Africains.
La Rédaction

