Un comité mixte Tchad–États-Unis vient de voir le jour pour tenter de résoudre la crise diplomatique née de la suspension brutale des visas américains pour les ressortissants tchadiens. L’annonce, faite mercredi par le ministère tchadien des Affaires étrangères, marque une première tentative de désescalade après une décision américaine jugée sévère et inattendue.
Le 4 juin 2025, Washington a décrété une suspension totale de délivrance de visas pour les citoyens tchadiens. Bien que les motifs n’aient pas été rendus publics, cette mesure s’inscrit dans une série d’actions similaires visant plusieurs pays d’Afrique centrale, accusés, en filigrane, de manquements en matière de sécurité ou de coopération administrative. Résultat immédiat : stupeur au sein de la diaspora, inquiétude dans les chancelleries, et embarras à N’Djamena.
Face à cette décision unilatérale, le Tchad a accéléré sa réponse diplomatique. Plusieurs consultations ont été menées, à la fois à Washington et à N’Djamena, pour éviter une rupture durable. C’est dans ce contexte que le comité conjoint a été institué. Sa mission : proposer des solutions concrètes aux préoccupations américaines et créer un cadre de dialogue soutenu en vue d’une normalisation progressive des relations bilatérales.
Des mesures temporaires ont néanmoins été adoptées pour limiter les effets du décret. Les fonctionnaires détenteurs de passeports officiels continueront de bénéficier d’un régime spécial. Les binationaux tchadiens résidant aux États-Unis pourront quant à eux rentrer au pays sur présentation d’un passeport tchadien ou d’un laissez-passer délivré par une ambassade du Tchad.
Signe que la crise est loin d’être close, le ministère des Affaires étrangères appelle désormais ses ressortissants à un strict respect des lois américaines relatives à l’immigration. Une consigne prudente, mais révélatrice du climat d’incertitude. Car pour l’heure, aucun calendrier clair de levée de la suspension des visas n’a été communiqué.
Cette tension intervient à un moment délicat pour N’Djamena, engagé dans une transition politique censée renforcer son image sur la scène internationale. Or, le gel partiel des relations avec les États-Unis, partenaire clé en matière de sécurité et de développement, pourrait affaiblir cette ambition. Le comité bilatéral devra donc aller au-delà des déclarations de principe et convaincre, dans les faits, que le dialogue reste possible.
La Rédaction

