La visite du Premier ministre algérien Sifi Ghrieb à Niamey marque un tournant dans les relations entre le Niger et l’Algérie, après plusieurs mois de tensions diplomatiques désormais officiellement dépassées. Les deux pays affirment entrer dans une phase de relance et de consolidation de leur partenariat, à l’issue de la 2ᵉ session de la commission mixte algéro-nigérienne.
Une normalisation accélérée après des mois de crispation
Reçu par son homologue nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine, le chef du gouvernement algérien a effectué une visite de deux jours dans la capitale nigérienne, ponctuée de rencontres officielles et d’une audience avec les autorités de transition.
Cette séquence diplomatique intervient dans le prolongement du rapprochement engagé ces derniers mois entre Niamey et Alger, après une période de tensions qui avait fragilisé les échanges bilatéraux. Les deux capitales affichent désormais leur volonté de tourner la page et de réactiver une coopération qualifiée de stratégique.
Une vingtaine d’accords pour structurer un nouveau partenariat
Au terme des travaux, une vingtaine d’accords ont été signés dans plusieurs secteurs clés, notamment l’énergie, les infrastructures, l’agriculture et l’économie. Les deux parties mettent en avant une logique de coopération sud-sud, présentée comme un levier de développement et d’intégration régionale.
Les discussions ont également porté sur des projets structurants de long terme, dont la route transsaharienne et le projet de gazoduc reliant plusieurs pays de la région.
L’énergie et les infrastructures au cœur des priorités
La dimension énergétique occupe une place centrale dans ce rapprochement. Les deux Premiers ministres ont procédé à la pose de la première pierre d’une centrale électrique de 40 mégawatts à Gorou Banda, symbole d’un engagement concret dans les infrastructures de base.
Par ailleurs, des échanges ont été engagés autour du bloc pétrolier de Kafra, avec une possible implication du groupe algérien Sonatrach, illustrant l’intérêt croissant pour les ressources énergétiques nigériennes.
Une coopération élargie aux enjeux sécuritaires sahéliens
Au-delà des questions économiques, la sécurité régionale a occupé une place importante dans les discussions. Dans un contexte marqué par la montée des menaces dans l’espace sahélo-saharien, Alger et Niamey ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coordination sécuritaire.
Le Premier ministre algérien a insisté sur l’interdépendance des deux pays face aux risques transfrontaliers, affirmant que la stabilité de l’un conditionne celle de l’autre.
Vers une intégration régionale élargie
Une réunion impliquant le Nigeria, le Niger et l’Algérie est également annoncée à Alger dans les prochaines semaines, signe d’une volonté d’élargir ce partenariat à une dynamique régionale plus vaste, notamment autour des corridors énergétiques et commerciaux.
La Rédaction

