Le groupe d’experts des Nations unies a révélé dans son rapport à mi-parcours que le site minier de Lomera, situé à Luhihi dans la province du Sud-Kivu, a été contrôlé par les rebelles de l’AFC/M23 entre mi-février et fin août 2025. Durant cette période, le mouvement armé a pris le contrôle des opérations minières, remplaçant les services officiels de l’État par un « bureau minier » local placé sous son autorité.
Sous ce contrôle, l’AFC/M23 a imposé aux creuseurs artisanaux une taxe de production équivalente à 30 % du prix de vente du minerai à la bouche de mine. Selon le rapport onusien, le groupe armé a mis en place un système structuré pour « contrôler et évaluer la qualité du minerai », notamment à travers des inspections régulières des teneurs minérales et pour superviser les quantités de minerai transportées vers les concasseurs.
Les experts soulignent également que des taxes supplémentaires ont été imposées à divers acteurs et activités du secteur minier. Ces activités ont toutefois été suspendues « en raison de tensions avec les exploitants, résultant de l’effet combiné de l’expansion minière non réglementée et des pratiques de recherche de rente de l’AFC/M23 ». Le mouvement a annoncé vouloir reprendre l’exploitation après l’enregistrement des creuseurs artisanaux.
Cependant, « les retards dans la mise en œuvre du processus d’enregistrement ont conduit à penser que les autorités de facto avaient l’intention de passer à une exploitation semi-mécanisée », précise le rapport de l’ONU, laissant présager une industrialisation progressive du site minier de Lomera.
La Rédaction
Sources et références simplifiées :
•Rapport à mi-parcours des Nations unies sur le Sud-Kivu, 2025
•Communiqué du groupe d’experts de l’ONU sur les activités de l’AFC/M23

