La ville d’El Fasher, dernier bastion de l’armée soudanaise au Darfour, est de nouveau au centre des alertes de l’ONU. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) rapporte des exécutions sommaires de civils et d’anciens combattants désarmés, commises par les Forces de soutien rapide (FSR). Ces violences, souvent motivées par des critères ethniques, s’inscrivent dans une escalade dramatique du conflit soudanais.
Exécutions sommaires et blocus meurtrier
Selon les informations recueillies par le HCDH, au moins cinq hommes auraient été exécutés alors qu’ils tentaient d’acheminer de la nourriture vers El Fasher, ville assiégée depuis dix-huit mois par les milices des FSR. Ces dernières accusent leurs victimes de collaborer avec les Forces armées soudanaises (FAS), fidèles au général Abdel Fattah al-Burhan.
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a mis en garde contre « un risque croissant d’atrocités à grande échelle motivées par des considérations ethniques », appelant à « des mesures urgentes et concrètes » pour protéger les civils et garantir leur sécurité.
Une crise humanitaire sans précédent
Depuis le début du conflit en avril 2023, le Soudan vit l’une des pires crises humanitaires du monde : plus de 12 millions de personnes déplacées et 24 millions en situation d’insécurité alimentaire. À El Fasher, les habitants piégés subissent les bombardements, les coupures d’eau et la famine. Des centaines de civils, dont un journaliste, auraient été arrêtés alors qu’ils tentaient de fuir les combats de la semaine dernière.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dénoncé une « terrible escalade » et exhorté la communauté internationale à faire pression sur les États qui alimentent le conflit en fournissant des armes aux factions belligérantes, afin d’obtenir un cessez-le-feu immédiat.
Des civils traumatisés et des humanitaires pris pour cibles
Denise Brown, coordinatrice humanitaire des Nations Unies pour le Soudan, a décrit des scènes de désolation : « Les civils fuyant El Fasher arrivent déshydratés, mal nourris, souvent blessés et profondément traumatisés. »
Depuis le début de la guerre, 130 travailleurs humanitaires ont perdu la vie, dont plusieurs à El Fasher. Ces victimes, a rappelé Mme Brown, « constituent l’épine dorsale de la réponse humanitaire » et sont censées être protégées par le droit international.
Face à cette tragédie, Volker Türk a appelé les commandants des FSR à respecter leurs obligations internationales et à garantir le passage sûr de l’aide humanitaire vers les zones assiégées.
La Rédaction

