Alors que les parlementaires refusent toujours d’accorder le droit à l’avortement dans des cas de grossesse issue d’une agression sexuelle, d’un viol ou d’un inceste, comme le stipule le Protocole de Maputo, l’ONG Nifin’Akanga continue sa lutte pour le droit à l’avortement sécurisé au Madagascar. Elle a organisé ce 28 septembre dans 5 grandes villes de l’ile des échanges, une manière d’apporter un éclairage sur les réalités des pratiques de l’avortement à Madagascar.
Quand bien même que l’avortement est interdit à Madagascar, il se pratique, alors loin des regards, et souvent dans des conditions sanitaires dangereuses pour les filles te les femmes qui y ont recours. A Madagascar, de nombreux cas de viol et inceste sont dissimulés, minimisés et camouflés dans la société car les sujets comme tel y sont tabous, souligne Nifin’Akanga. Préoccupé toujours par la situation, l’ONG Nifin’Akanga a organisé des séances d’échanges et de la restitution recherches dans 5 grandes villes à Madagascar, menées par les universitaires, des chercheurs, journalistes d’investigation grâces aux bourses octroyés par le mouvement.
D’après une enquête menée en 2019 par l’ONG Nifin’Akanga, 61% des violences envers les femmes sont des viols et agressions sexuelles. 29,5% des cas de viol ont abouti à une grossesse et 39,5% des violés ont avorté. Une autre enquête a été effectuée en 2021 sur un échantillon de 4 478 personnes, dont 3 568 femmes et 910 praticiens. L’ONG a dégagé trois premières raisons des avortements à Madagascar. La grosses précoce vient en premier avec 23,21%, en deuxième position trois causes graves dont le viol 15,36%, l’inceste 6,54% et les raisons médicales et ou thérapeutiques à 78,1%, et en troisième position les grossesses non désirée.
52 pays africains, dont la RDC, la Centrafrique et l’Algérie, ont tous voté le Protocole de Maputo, qui stipule que l’avortement doit être autorisé dans des cas de viol ou inceste, quelques rares pays comme Madagascar l’interdisent encore totalement. L’avortement est un crime puni par le Code pénal malgache, dans les faits, des médecins réalisant en cachette certaines interventions, mettant en danger la santé des victimes, risque jusqu’à 10 ans de prison.
La Rédaction

