Le secteur aurifère soudanais, pilier de l’économie nationale et l’un des plus importants producteurs d’or en Afrique, est au bord de l’effondrement après près de trois années de conflit armé. Les combats ont détruit routes, réseaux électriques et infrastructures minières, paralysant à la fois la production et les exportations.
« La situation est critique. Le marché est presque figé, et le secteur souffre énormément », explique Mohammed Al-Sawakni, directeur de l’Association de l’industrie aurifère de l’État de la mer Rouge.
L’exploitation aurifère, largement artisanale, est désormais confrontée à une chute drastique de la production et à un développement clandestin du commerce de l’or. Des circuits informels se sont multipliés, mais ils ne suffisent pas à compenser la perte des marchés traditionnels.
Les Émirats arabes unis, historiquement principal débouché pour l’or soudanais, ont été coupés de facto du commerce avec Khartoum. La rupture des relations diplomatiques, en mai 2025, après des accusations de soutien émirati à la milice des Forces de soutien rapide, a été suivie de mesures strictes : interdiction des vols soudanais et suspension des activités commerciales liées à l’or dans les ports émiratis.
« Les EAU représentent un carrefour stratégique pour l’or au Moyen-Orient. Remplacer ce marché n’est pas une tâche aisée », souligne l’économiste Ahmed Omar Khojali.
Au-delà de l’exportation, la filière souffre également en interne : les raffineries fonctionnent au ralenti ou ferment, les petits ateliers peinent à survivre et les marges des négociants diminuent drastiquement. L’industrie aurifère soudanaise, longtemps symbole de prospérité, se retrouve aujourd’hui face à l’une de ses crises les plus profondes.
La Rédaction

