Depuis avril 2023, le conflit armé au Soudan plonge le pays dans une crise humanitaire majeure. Les Forces de soutien rapide (RSF), groupe paramilitaire, sont responsables de la majorité des violences contre les professionnels de santé, alors que la famine et les épidémies progressent dangereusement.
Une guerre qui tue les soignants avant de tuer les patients
Selon le groupe Insecurity Insight, les RSF sont impliquées dans deux tiers des attaques recensées contre le personnel de santé depuis le début de la guerre. Sur 631 incidents documentés, au moins 160 médecins, infirmiers et pharmaciens ont été tués. Le pic des violences est observé depuis avril 2025, aggravant l’effondrement des structures sanitaires déjà fragilisées.
La faim s’installe dans l’indifférence
L’ONG Care International alerte : plus de 637 000 personnes sont désormais en situation de faim catastrophique. À Lagawa, dans l’Est du Darfour, 13 enfants sont morts de malnutrition en juin dans un camp abritant 7 000 déplacés. À El-Fasher, plusieurs civils sont morts de faim, piégés depuis 15 mois dans un siège imposé par les RSF.
Les pluies isolent des milliers de personnes
La saison des pluies, commencée en juillet, devrait durer jusqu’en septembre. Elle annonce de fortes inondations dans le Darfour et le Kordofan. Lundi dernier, dans la localité de Rahad (Kordofan-Nord), près de 550 personnes ont été déplacées et plus de 170 habitations détruites par les pluies. L’acheminement de l’aide humanitaire devient quasi impossible dans les zones enclavées.
Des familles réduites à manger de la nourriture pour bétail
La flambée des prix alimentaires aggrave la détresse. Le Sudan Tribune signale que des produits de base comme le mil sont désormais hors de portée. Pour survivre, certaines familles consomment de l’ambaz, un aliment destiné au bétail fabriqué à partir de résidus de sésame et de haricots.
Un pays brisé par l’ambition de deux chefs de guerre
Le conflit oppose Abdel Fattah al-Burhan, chef des forces armées, à Mohamed Hamdan Dagalo, commandant des RSF. Leur lutte de pouvoir a plongé le pays dans le chaos. Le nombre de morts pourrait atteindre 150 000, tandis que 15 millions de personnes – près d’un tiers de la population – ont été contraintes de fuir leur foyer.
La Rédaction

