Le chef des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdane Daglo, a reconnu dimanche 30 mars 2025 que ses troupes avaient perdu le contrôle de la capitale soudanaise, Khartoum. Cette déclaration marque un tournant dans le conflit, mais loin de signifier la fin des combats. Daglo a assuré que ses forces reviendraient “avec une détermination plus forte”, laissant entendre que la guerre, qui dure depuis avril 2023, n’était pas encore terminée.
L’armée soudanaise, de son côté, a affirmé avoir pris le contrôle total de Khartoum après plusieurs jours de combats acharnés. Le général Abdel Fattah al-Burhane, leader de l’armée, avait déjà annoncé mercredi la “libération” de la capitale, tandis que jeudi, l’armée confirmait avoir éliminé toute présence des paramilitaires dans la ville. Cependant, cette victoire ne semble pas avoir fait fléchir la détermination de Daglo et de ses troupes.
Dans une allocution diffusée sur les réseaux sociaux, le chef des FSR a également rejeté toute idée de négociation avec l’armée soudanaise, qu’il qualifie de “mouvement diabolique”. Pour Daglo, il n’y a ni accords ni discussions possibles, uniquement “le langage des armes”, soulignant la brutalité continue du conflit.
La guerre a causé des pertes humaines considérables et un déplacement massif de populations. Avec plus de 12 millions de déplacés et des dizaines de milliers de morts, la crise humanitaire au Soudan est devenue l’une des plus graves du continent africain. La situation reste tendue et incertaine, le pays étant désormais de facto divisé en deux. L’armée contrôle le nord et l’est du pays, tandis que les FSR dominent l’ouest, notamment la vaste région du Darfour.
En dépit de la perte de Khartoum, le général al-Burhane a promis de continuer à se battre jusqu’à ce que les FSR déposent leurs armes. Il a exclu toute forme de négociation, précisant que la guerre ne prendrait fin que lorsque “le dernier rebelle” serait éliminé. Ce refus de dialogue illustre la profondeur de la division entre les deux camps.
Le Soudan est désormais sous sanctions internationales, et les FSR sont spécifiquement accusées de génocide par les États-Unis depuis janvier 2025. Mais les deux factions, responsables d’atrocités de part et d’autre, restent figées dans une guerre sans fin qui plonge le pays dans une situation désastreuse, sans issue immédiate en vue.
La Rédaction

