Une enquête qui relance les accusations d’ingérence étrangère dans la guerre soudanaise
Un rapport de Human Rights Watch affirme qu’une société de sécurité basée à Abou Dhabi aurait recruté des contractuels militaires colombiens pour les déployer au Soudan aux côtés des Forces de soutien rapide (FSR), dans le cadre du conflit en cours depuis 2023.
Selon l’organisation, ces combattants auraient été acheminés entre 2024 et 2025 via un réseau de sociétés privées et de plateformes logistiques, dans un dispositif attribué à une entreprise liée aux Émirats arabes unis.
Un conflit déjà marqué par une crise humanitaire majeure
La guerre civile au Soudan oppose depuis avril 2023 l’armée régulière aux FSR. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, selon plusieurs estimations, et provoqué le déplacement de millions de personnes. Les Nations unies décrivent la situation comme la pire crise humanitaire actuelle.
Dans ce contexte, les accusations d’implication indirecte de puissances étrangères alimentent les inquiétudes sur l’internationalisation du conflit.
Des contractuels colombiens au cœur d’un dispositif transnational
D’après le rapport, les recrues colombiennes auraient transité par plusieurs pays avant leur arrivée au Soudan, dans un schéma impliquant des entreprises privées opérant entre la Colombie, le Panama et les Émirats arabes unis.
L’organisation cite notamment une société de sécurité basée à Abou Dhabi, décrite comme liée à des structures proches du pouvoir émirati, et autorisée à travailler pour des institutions officielles du pays.
Ces éléments s’ajoutent à une enquête antérieure de l’AFP ayant documenté le recrutement de centaines d’anciens militaires colombiens attirés par des contrats lucratifs dans des zones de conflit.
Les Émirats arabes unis contestent toute implication
Un responsable émirati a déclaré que les Émirats arabes unis n’autorisent pas le recrutement ou le transit de combattants étrangers depuis leur territoire vers des zones de guerre, et que toute violation ferait l’objet d’enquêtes pénales.
Les autorités d’Abou Dhabi rejettent régulièrement les accusations de soutien militaire aux FSR.
Des accusations de crimes de guerre au Soudan
Human Rights Watch rappelle par ailleurs que les FSR sont accusées de graves exactions depuis le début du conflit : exécutions extrajudiciaires, violences sexuelles, pillages et destructions d’infrastructures civiles.
L’organisation estime que toute assistance militaire, directe ou indirecte, susceptible de soutenir ces forces pourrait engager des responsabilités juridiques internationales en matière de complicité de crimes de guerre.
Pression internationale et appels à réaction
L’ONG appelle les États alliés des Émirats arabes unis, ainsi que les membres du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Union africaine, à exiger l’arrêt immédiat de toute forme de soutien militaire aux Forces de soutien rapide.
Alors que la guerre au Soudan s’enlise, ces nouvelles accusations renforcent les interrogations sur les réseaux transnationaux impliqués dans le conflit et sur les mécanismes de sous-traitance militaire dans les zones de guerre.
La Rédaction

