Le Rwanda a qualifié de « stupide » la campagne diplomatique menée par la République démocratique du Congo (RDC) aux Nations unies pour obtenir la reconnaissance d’un « génocide » des Congolais dans l’Est du pays, imputé à Kigali et à ses alliés armés.
Une guerre aux racines anciennes
Depuis fin 2024, la région frontalière entre le Rwanda et la RDC est de nouveau en proie à de violents affrontements. Le M23, un mouvement rebelle soutenu par Kigali selon Kinshasa et de nombreux observateurs, a lancé une offensive meurtrière qui a mené à la prise de Goma en janvier 2025, puis de Bukavu en février.
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Cette crise s’inscrit dans un contexte historique lourd : le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, qui fit environ 800.000 morts, majoritairement tutsi mais aussi des hutu modérés. Après ce drame, des centaines de milliers de réfugiés hutu, dont certains auteurs du génocide, se sont installés en RDC (alors Zaïre). Parmi eux, des miliciens ont créé les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), que Kigali considère comme une menace permanente et exige leur démantèlement.
Kinshasa hausse le ton à l’ONU
À Genève, le ministre congolais des Droits de l’homme, Samuel Mbemba, a exhorté la communauté internationale à « briser le silence » face aux « crimes massifs et systématiques » commis selon lui « par le Rwanda et ses supplétifs ». « On n’ose pas prononcer le mot génocide », a-t-il déploré, appelant à une reconnaissance claire des exactions.
De son côté, Kigali continue de nier toute présence militaire en territoire congolais et rejette les accusations, estimant que la rhétorique de Kinshasa vise davantage à détourner l’attention des responsabilités internes dans l’instabilité persistante à l’Est de la RDC.
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Un conflit à haut risque régional
La confrontation verbale entre Kinshasa et Kigali ravive les craintes d’un embrasement régional. Les tensions diplomatiques s’accentuent alors que des millions de civils congolais subissent déplacements forcés, violences et précarité humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
La communauté internationale, jusqu’ici prudente, se retrouve désormais sous pression pour clarifier sa position sur la nature des crimes commis et sur le rôle exact du Rwanda dans ce conflit.
La Rédaction

