Un nouveau rapport de la Banque mondiale et de l’UNICEF révèle que, malgré les progrès mondiaux pour réduire l’extrême pauvreté infantile, l’Afrique subsaharienne n’a connu aucune amélioration au cours de la dernière décennie. Plus de la moitié des enfants de la région vivent encore sous le seuil de pauvreté.Le rapport Child Poverty: Global, Regional and Select National Trends, publié en septembre 2025, montre que si le nombre d’enfants vivant dans l’extrême pauvreté a diminué à l’échelle mondiale – passant de 507 millions en 2014 à 412 millions en 2024 – l’Afrique subsaharienne reste particulièrement touchée.« Les taux de pauvreté infantile varient considérablement selon les régions. Alors que l’Afrique subsaharienne représente environ 23 % de la population mondiale d’enfants, elle compte près des trois quarts – plus de 312 millions – de tous les enfants vivant dans l’extrême pauvreté », indique le rapport.En 2024, le taux de pauvreté infantile dans la région reste stable à 52 %, identique à 2014.À lire aussi : Petite enfance oubliée : le défi crucial du développement dans les pays à faible revenuÀ l’échelle mondiale, un enfant sur cinq vit dans l’extrême pauvreté, définie comme des ménages survivant avec moins de 3 $ par jour.Les enfants sont particulièrement affectés, représentant plus de la moitié des personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans le monde, bien qu’ils ne représentent que 30 % de la population.Luis Felipe López-Calva, directeur mondial du département de la pauvreté à la Banque mondiale, déclare : « L’extrême pauvreté chez les enfants s’est enracinée dans les endroits où il est le plus difficile de l’éradiquer. La croissance économique est nécessaire mais insuffisante : des investissements plus importants dans les infrastructures, le capital humain et les institutions sont essentiels. »Certaines régions ont enregistré des progrès : en Asie du Sud, le taux de pauvreté infantile a été réduit de plus de moitié entre 2014 et 2024, l’Inde menant cette baisse. L’Asie de l’Est et le Pacifique ont également connu des réductions notables.En revanche, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont connu des revers, avec un quasi-doublement de la pauvreté infantile, passant de 7,2 % en 2014 à 13,3 % en 2024.À lire aussi : Un tournant social pour les enfants des SavanesGeorge Laryea-Adjei, directeur des programmes de l’UNICEF, souligne que la crise est réversible : « Mettre fin à la pauvreté infantile est un choix politique. Les gouvernements doivent agir avec urgence pour garantir l’accès à l’éducation, à la nutrition, aux soins de santé et à la protection sociale, tout en priorisant les régions vulnérables comme l’Afrique subsaharienne. »Au Nigeria, une étude récente de l’UNICEF révèle que 69,2 % des enfants de l’État de Kano sont multidimensionnellement pauvres, manquant d’accès à l’éducation, aux soins de santé, à la nutrition et au logement. Près de 60 % vivent également dans la pauvreté monétaire.De fortes disparités persistent à travers le pays : les taux de pauvreté infantile atteignent environ 90 % dans le Nord-Est et le Nord-Ouest, contre 74 % dans le Sud-Est et 65 % dans le Sud-Ouest. Dans certains États comme Bayelsa, Gombe, Sokoto et Kebbi, la pauvreté infantile dépasse 95 %.L’UNICEF encourage les gouvernements à augmenter les budgets dédiés aux programmes centrés sur l’enfant, citant les prestations universelles pour enfants à Katsina et Kano comme exemples positifs. L’agence appelle également les médias à sensibiliser sur les droits des enfants, l’inscription scolaire et les dangers de la violence envers les enfants.
La Rédaction

