L’Afrique de l’Est s’apprête à accueillir un rendez-vous historique. Les pays membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ont donné leur accord de principe pour que l’Éthiopie organise la 32ᵉ Conférence des Parties (COP32) en 2027. La décision devrait être formellement entérinée à la fin de la conférence en cours, le 21 novembre, sans opposition majeure.
Ce choix marque un tournant symbolique pour le continent africain, souvent en première ligne des effets du réchauffement climatique. Après l’Égypte en 2022 (COP27), l’Éthiopie devient ainsi le nouveau porte-voix de l’Afrique face à l’urgence écologique mondiale.
Mais ce pays d’Afrique de l’Est, berceau de civilisations millénaires, doit aussi affronter ses propres défis environnementaux. L’Éthiopie figure parmi les nations les plus affectées par la déforestation. Au début du XXᵉ siècle, les forêts couvraient encore près de 40 % du territoire. Aujourd’hui, elles n’en représentent plus que 2 à 4 %, conséquence directe de l’expansion agricole et des plantations de café, moteur économique du pays mais aussi cause majeure de la disparition des forêts.
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En accueillant la COP32, Addis-Abeba espère conjuguer exemplarité et ambition. Le gouvernement éthiopien mise sur une transition verte articulée autour de la reforestation, de l’hydroélectricité et de la résilience climatique des zones rurales. Cette stratégie s’inscrit dans la « Vision 2030 » du pays, qui vise à faire de l’Éthiopie un modèle africain de croissance durable.
La désignation de l’Éthiopie intervient alors que l’Australie et la Turquie restent en compétition pour organiser la COP31 en 2026. Canberra s’est alliée aux îles du Pacifique pour appuyer sa candidature, un signal fort en faveur des nations insulaires les plus menacées par la montée des eaux.
En accueillant la COP32, l’Éthiopie enverra un message clair : le futur de la planète ne peut s’écrire sans l’Afrique, ni sans un engagement réel en faveur de la justice climatique.
La Rédaction

