Au Soudan du Sud, où les séquelles du conflit civil continuent de marquer les corps et les esprits, un programme conjoint soutenu par les Nations Unies contribue à l’autonomisation économique et sociale des survivantes de violences sexuelles.
Mis en place depuis 2018, ce dispositif mobilise plusieurs partenaires, notamment le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (UNMISS), le Centre du Commerce International (ITC) et le ministère sud-soudanais du Genre, de l’Enfance et du Bien-être social.
Objectif : reconstruire des vies brisées
Le projet cible des femmes ayant subi des violences sexuelles liées au conflit. Il leur offre un parcours complet de reconstruction : accès aux soins médicaux, soutien psychologique, accompagnement juridique, mais aussi formation professionnelle et appui à la création de petites entreprises.
Plus de 60 femmes en ont déjà bénéficié dans des régions durement touchées par la guerre, comme Bor et Juba. Ces survivantes, souvent marginalisées, retrouvent une forme de stabilité et de dignité à travers des activités génératrices de revenus telles que la fabrication de savon, la couture ou l’agriculture de subsistance.
Une réponse multidimensionnelle aux violences sexuelles
Ce programme s’inscrit dans une approche globale de lutte contre les violences sexuelles en période de conflit, en lien avec la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité. Il vise à briser le cycle du silence et de l’exclusion qui entoure encore les survivantes.
En favorisant leur insertion sociale et économique, le projet cherche également à renforcer la résilience des communautés, tout en sensibilisant la population à la gravité de ces crimes et à l’importance d’une réponse collective.
Des défis persistants
Malgré les avancées, les défis restent nombreux : manque d’infrastructures, persistance des violences, stigmatisation des victimes. Les acteurs du programme appellent à un soutien accru de la communauté internationale pour élargir la portée de cette initiative et en assurer la pérennité.
La Rédaction

