Au Soudan, le fracas des armes ne couvre plus les cris silencieux des enfants affamés. Deux années de guerre ont dévasté le pays, laissant derrière elles des villes en ruines, des millions de déplacés et un fléau plus discret, mais tout aussi ravageur : la malnutrition infantile. Dans les camps du nord du Darfour, à Tawila, le quotidien est désormais rythmé par la faim et l’angoisse.
Ils ont fui les bombes, les milices, les pillages. Mais dans les camps de fortune, ils ne trouvent ni sécurité alimentaire ni répit. La guerre a coupé les chaînes d’approvisionnement, détruit les systèmes de santé et désorganisé l’aide humanitaire. Résultat : le Soudan est devenu, en 2025, l’unique pays officiellement frappé par la famine. Un pays où l’on ne meurt plus seulement des balles, mais aussi du manque de lait, de riz, de médicaments.
Dans le camp de Zamzam, où s’entassent des milliers de familles déplacées, les humanitaires assistent à une détresse inédite. « Dans certaines familles, 4 ou 5 enfants souffrent de malnutrition aiguë », confie Heba Abdullah, bénévole de l’UNICEF. « Nous avons déjà aidé plus de 2 000 enfants, mais il y en a encore tant qui n’ont rien mangé depuis des jours. Certaines mères nous disent que leurs enfants refusent même la nourriture, affaiblis au point de ne plus pouvoir avaler. »
Cette situation n’est pas une fatalité, mais elle devient un scandale. Car l’UNICEF, en première ligne dans cette crise, tire la sonnette d’alarme : l’organisation a besoin d’un milliard de dollars pour ses interventions au Soudan en 2025. Or, les financements ne suivent pas. L’indifférence gagne du terrain aussi vite que la faim.
La malnutrition tue lentement. Elle anéantit les défenses immunitaires, rend les enfants vulnérables aux maladies, compromet leur développement cognitif, brise leur avenir avant même qu’il ne commence. C’est une violence invisible, mais implacable. Une guerre dans la guerre.
Face à cette tragédie, l’appel des humanitaires est clair : il faut agir. Nourrir un enfant, c’est préserver une vie, mais c’est aussi refuser que la barbarie ait le dernier mot. Le monde peut encore choisir de ne pas détourner le regard.
La Rédaction

