Le Programme alimentaire mondial (PAM) a récemment acheminé une aide alimentaire à Wad Madani, au Soudan, marquant un retour de l’assistance humanitaire dans la région après plus d’un an d’absence. Cette livraison vise à contrer la menace de famine qui touche le pays, plongé dans une guerre civile depuis avril 2025, opposant le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de la junte, aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) dirigées par Mohamed Hamdane Daglo, alias Hemedti.
Le 20 janvier, les premiers camions du PAM sont arrivés à Wad Madani, transportant 260 tonnes d’aliments spécialement destinés à traiter la malnutrition, ainsi que des céréales, de l’huile, du sel et des légumineuses. Ces vivres devraient suffire à nourrir 30 000 personnes pendant un mois, selon ONU Info. Alex Marianelli, directeur par intérim du PAM au Soudan, a souligné à la BBC que la situation de famine est particulièrement grave pour les populations les plus vulnérables à Wad Madani, une ville autrefois prospère, surnommée “l’ancien grenier à blé du Soudan”. Des poches de famine extrême affectent encore des dizaines de milliers de personnes dans cette ville.
Le PAM avait perdu l’accès à Wad Madani en décembre 2023, après avoir soutenu jusqu’à 800 000 personnes par mois depuis cette zone humanitaire. Toutefois, un changement dans les lignes de front a permis de relancer l’aide. “La situation reste dangereuse”, a précisé Marianelli, tout en ajoutant que la stabilité croissante permettrait d’intensifier les livraisons humanitaires.
Parallèlement, une avancée logistique majeure a été réalisée le 22 janvier, avec l’acheminement de 1000 tonnes d’aide alimentaire par barge depuis le Soudan du Sud vers Kosti, sur le Nil Blanc. Ce transport fluvial marque un tournant significatif pour l’approvisionnement alimentaire au Soudan, selon Linus Mwaji, responsable logistique du PAM à Renk.
Le PAM a également envoyé des vivres à Gebaish, dans l’État du Kordofan occidental, pour nourrir 7 000 réfugiés du Soudan du Sud. Des convois ont également atteint des camps de déplacés dans le Darfour-Nord et le sud de Khartoum, ouvrant de nouvelles possibilités d’accès humanitaire dans des zones à haut risque.
Malgré ces avancées, la situation reste critique. La famine pourrait se propager à cinq autres zones du Darfour-Nord d’ici mi-mai, tandis que 17 autres régions sont également menacées. L’ONU et ses partenaires humanitaires s’efforcent d’acheminer des milliers de tonnes de nourriture supplémentaires pour répondre à cette urgence.
Clémentine Nkweta-Salami, la Coordinatrice humanitaire au Soudan, a exprimé sa profonde inquiétude concernant la sécurité des civils à El-Fasher, actuellement assiégée par les FSR. Elle a appelé les parties en conflit à respecter le droit international humanitaire et à protéger les civils afin d’éviter une aggravation de la crise humanitaire et de préserver les perspectives de paix au Soudan.
La Rédaction

