Une série de meurtres qui a semé l’effroi dans le nord du Ghana
Entre 2021 et 2025, plusieurs communautés du nord‑ouest du Ghana ont été bouleversées par une série de meurtres qui restaient jusque‑là inexpliqués. Dans les régions d’Upper West et de Savannah, des décès violents ont progressivement attiré l’attention des autorités — des victimes retrouvées sans vie, souvent frappées à mort dans des circonstances troublantes, qui ont mis en émoi les habitants des villes comme Wa, Bole, Banda Nkwanta et Bamboi.
Le nom qui a émergé au terme de cette enquête interminable est Shariff Abdulai, également connu localement sous le surnom de “Cristos”, un homme qui a finalement reconnu sa responsabilité dans 23 meurtres distincts devant le tribunal.
La traque policière et l’arrestation
Les forces de l’ordre ghanéennes ont mené une enquête approfondie pendant plusieurs mois, s’appuyant sur des opérations de renseignement et des investigations méticuleuses dans les communautés touchées. Une percée majeure est intervenue après la mort de Issah Yahaya, dont la découverte a relancé les pistes en 2025 et permis aux enquêteurs de faire le lien avec une série de crimes non résolus.
Shariff Abdulai a été arrêté le 6 octobre 2025, à la suite de cette opération policière intensive, puis présenté devant un tribunal local en vue d’une inculpation. Au moment de son arrestation, il faisait l’objet d’un mandat dans le cadre des enquêtes en cours depuis des années, et les preuves matérielles et les renseignements accumulés ont rendu l’affaire difficile à éluder.
L’aveu et le procès
Devant la Haute Cour de Wa, Abdulai a plaidé coupable aux charges de meurtre portées contre lui le 4 mars 2026. Dans sa déclaration, il a admis avoir ôté la vie à un total de 23 personnes, dont 16 à Wa, cinq à Bole et un à Banda Nkwanta et un à Bamboi.
Le juge président, Justice Osei‑Wusu Antwi, a prononcé contre lui une peine de réclusion à perpétuité avec travaux forcés, l’une des condamnations les plus sévères possibles dans le système judiciaire ghanéen. Abdulai est désormais incarcéré à la Nsawam Medium Security Prison, où il purgera sa peine.
Un profil criminel troublant
Peu de détails concrets sur les motivations intimes d’Abdulai ont été rendus publics pendant le procès. Les autorités ont décrit une série de meurtres qui ont commencé progressivement, ciblant dans plusieurs cas des personnes vulnérables ou isolées, mais un mobile unique n’a pas été clairement établi dans les déclarations judiciaires disponibles. Ce manque d’explication unifiée laisse planant un sérieux mystère sur les raisons psychologiques de ses actes.
Ce cas est significatif dans le contexte criminel africain moderne, car il met en lumière la capacité d’un individu à mener une série de meurtres multiples sur plusieurs années sans être rapidement détecté, et comment les forces policières peuvent, à terme, reconstituer un schéma criminel complexe grâce à des enquêtes rigoureuses.
L’impact sur la société ghanéenne
La condamnation de Shariff Abdulai a ramené un sentiment de soulagement dans les régions affectées, mais a aussi soulevé des débats publics sur la prévention de la violence, la sécurité locale et l’efficacité des systèmes d’enquête dans les zones rurales et périurbaines. Les autorités ont réaffirmé leur engagement à « maintenir un environnement sûr pour les citoyens respectueux des lois » face à des crimes aussi déstabilisants pour les communautés locales.
La Rédaction
Sources et références :
– Wa: Serial killer gets life imprisonment for 23 murders — Citinewsroom.com, 4 mars 2026
– Serial killer jailed for life over 23 murders across two regions — The Herald Ghana, 4 mars 2026
– Serial killer sentenced to life imprisonment for 23 murders — MyJoyOnline.com, 4 mars 2026

