Le samedi 7 décembre, des perquisitions ont été lancées par les enquêteurs du parquet et de la police en Roumanie, suite à l’annulation de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle, un geste qui survient dans un contexte d’accusations d’interférence russe en faveur du candidat d’extrême droite, Calin Georgescu.
Les autorités ont mené des perquisitions dans trois maisons situées à Brașov, une ville du centre du pays, dans le cadre d’une enquête pour corruption électorale, blanchiment d’argent et falsification informatique. Les enquêteurs suspectent également des violations de la législation interdisant les organisations et symboles fascistes, racistes et xénophobes. Une personne, potentiellement impliquée dans le financement illégal de la campagne électorale d’un candidat, fait l’objet d’une attention particulière, bien que le nom de Georgescu ne soit pas explicitement mentionné.
L’enquête a débuté après la déclassification de documents des services de renseignement, accusant la plateforme TikTok de jouer un rôle clé dans la campagne, avec des implications russes. Selon les informations révélées, un utilisateur, Bogdan Peshir, aurait effectué des paiements d’une valeur de 381 000 dollars entre octobre et novembre pour soutenir la promotion du candidat via des contributions en ligne.
Parallèlement, la Roumanie a détecté plus de 85 000 cyberattaques, y compris le jour de l’élection, provenant de plus de trente pays, exploitant les failles du système informatique électoral pour perturber le processus.
En réponse à ces événements, la Cour constitutionnelle a annulé l’élection le 6 décembre, invoquant des irrégularités majeures qui auraient compromis la transparence et l’équité du vote, ainsi que l’égalité des chances des candidats. Le pays se retrouve dans une situation inédite avec la nécessité de recommencer l’intégralité du processus électoral.
Calin Georgescu, arrivé en tête du premier tour du 24 novembre, a rapidement dénoncé cette annulation comme un « coup d’État », critiquant vivement l’Union européenne et l’OTAN. Il avait été opposé à Elena Lasconi, une candidate centriste et pro-européenne, qui a également dénoncé la décision de la Cour, la qualifiant d’« illégale » et menaçant de mener le pays vers l’anarchie.
De son côté, le président pro-européen Klaus Iohannis a salué la décision de la Cour, soulignant la gravité des accusations. Tandis que les États-Unis exprimaient leur soutien aux institutions roumaines, appelant à un processus électoral pacifique et respectueux de l’ordre constitutionnel.
La Rédaction

