L’Espagne s’impose comme un acteur de premier plan dans le financement pour le développement en Afrique, selon Carlos Cuerpo, ministre de l’Économie. Alors que Séville s’apprête à accueillir la prochaine Conférence des Nations Unies sur le financement du développement en 2025, Madrid invite ses partenaires européens à se joindre à ses initiatives créatives pour soutenir le continent africain.
Face aux défis de l’époque, comme les perturbations économiques liées au Covid-19 et les tensions géopolitiques, l’Espagne a choisi de se tourner vers le potentiel africain. Au cours de l’année dernière, le gouvernement espagnol, sous la direction du Premier ministre Pedro Sánchez, a lancé plusieurs programmes pour réduire la pauvreté et renforcer les relations commerciales avec l’Afrique.
En marge des récentes réunions de la Banque mondiale et du FMI à Washington, Cuerpo a précisé que l’Espagne explore de nouvelles solutions financières pour accompagner le développement africain. « Nous voulons jouer un rôle clé en Afrique en agissant sur différents fronts internationaux, en plaidant pour un meilleur financement des pays à faibles revenus », a-t-il expliqué.
Le 24 octobre dernier, l’Espagne a pris un engagement financier de 400 millions d’euros pour l’Association internationale de développement (IDA), destinée aux pays les plus vulnérables, marquant une hausse significative par rapport aux précédents financements. Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, espère lever un montant record de 100 milliards de dollars cette année grâce à ces contributions.
Madrid a également mobilisé une partie de ses droits de tirage spéciaux du FMI, environ 1,5 milliard d’euros, pour soutenir des politiques climatiques à travers le Fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité. Cette initiative vise des projets climatiques à Madagascar et en Tanzanie, dans le cadre d’une coopération entre le FMI et la Banque mondiale pour renforcer l’action climatique en Afrique.
En parallèle, l’Espagne prévoit des mécanismes novateurs dans ses accords de prêt pour soutenir les pays en développement affectés par des crises. Par exemple, un crédit de 19 millions de dollars en faveur du Rwanda intègre une clause permettant de suspendre les remboursements en cas de catastrophe naturelle ou de crise. Une disposition similaire est envisagée pour un projet de modernisation des infrastructures touristiques au Sénégal.
De plus, l’Espagne lance l’initiative « Alliance Afrique Avance » en Afrique de l’Ouest, avec une première implantation au Sénégal. Cette initiative rassemble entreprises espagnoles et acteurs internationaux dans le but de promouvoir le développement local et la création d’emplois pour les jeunes.
Ces efforts reflètent la volonté de l’Espagne d’adopter des solutions innovantes en vue de la Conférence internationale sur le financement du développement, prévue à Séville du 30 juin au 3 juillet 2025. Selon Cuerpo, cet événement pourrait marquer un tournant dans le soutien financier au développement durable en Afrique.
Afin de contourner certaines contraintes, l’Espagne a trouvé des alternatives créatives pour réaffecter une partie de ses droits de tirage spéciaux. En tant que membre de la zone euro, l’Espagne ne peut pas directement transférer ces fonds aux banques de développement africaines, mais utilise des dispositifs spécifiques du FMI pour garantir l’efficacité de son soutien.
Cette initiative, souligne Cuerpo, s’inscrit dans une vision plus large où l’Espagne cherche à renforcer ses liens avec ses voisins africains, faisant ainsi d’eux des partenaires stratégiques pour l’avenir.
La Rédaction

