Le Maroc a été élu à la présidence d’un comité stratégique de l’Union africaine dédié à la sécurité routière, lors d’une réunion tenue à Johannesburg. Cette désignation intervient dans un contexte où les accidents de la route restent une cause majeure de mortalité sur le continent.
Un rôle clé dans la structuration des politiques africaines
Le comité, rattaché à la Commission technique spécialisée du transport et de l’énergie, aura pour mission principale de superviser le déploiement de l’Observatoire africain de la sécurité routière. Cet outil est appelé à centraliser les données, harmoniser les politiques publiques et améliorer la coordination entre États.
L’élection du Maroc s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de la gouvernance continentale en matière d’infrastructures et de mobilité.
Transport et énergie au cœur de l’intégration africaine
La rencontre s’est tenue sous le thème « l’Afrique que nous construisons : le transport et l’énergie comme moteurs de la prospérité ». Elle vise à accélérer l’intégration du continent en misant sur une meilleure coordination des politiques publiques et des investissements dans les infrastructures.
L’amélioration de la sécurité routière apparaît ainsi comme un levier essentiel, non seulement en termes de santé publique, mais aussi de développement économique.
Un enjeu de gouvernance autant que technique
Le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA), Benacer Boulaajoul, a insisté sur la dimension politique du défi. Selon lui, les stratégies techniques, aussi avancées soient-elles, ne peuvent produire d’effets sans un engagement fort des États.
Il a également rappelé l’ampleur de la mobilisation internationale lors de la Conférence ministérielle mondiale sur la sécurité routière organisée à Marrakech en 2025, qui a réuni des milliers de participants venus de plus de cent pays.
Un continent particulièrement exposé
Les chiffres restent préoccupants. D’après les données de l’Organisation mondiale de la santé, l’Afrique concentre près de 19 % des décès liés aux accidents de la route dans le monde, soit plus de 225 000 victimes par an.
Les usagers les plus vulnérables — piétons, cyclistes ou conducteurs de deux-roues — représentent plus de la moitié des personnes tuées.
Vers une réponse continentale coordonnée
Avec la mise en place de cet observatoire et la présidence marocaine, l’Union africaine ambitionne de structurer une réponse plus cohérente face à ce fléau.
L’enjeu dépasse la simple collecte de données : il s’agit de transformer ces informations en politiques publiques efficaces, capables de réduire durablement la mortalité routière sur le continent.
La Rédaction

