Le rapprochement entre le Niger et les autorités libyennes de l’est, soutenu par Moscou, s’est renforcé au cours des derniers mois. Il semblerait donc que l’époque où Niamey supportait le gouvernement de Tripoli soit révolue. Pour preuve, le général Toumba, ministre nigérien de l’Intérieur et troisième membre le plus important du CNSP a effectué une visite de travail de trois jours à Benghazi du 15 au 17 août 2024. Au cours de cette visite, il a rencontré son homologue libyen, Issam Abou Zriba. Cette rencontre a permis de renforcer la coopération sécuritaire préexistante et de discuter des mesures pratiques pour renforcer le contrôle des frontières et organiser des patrouilles mixtes dans cette zone.
Les discussions ont également porté sur la gestion des migrations, un sujet important pour la Libye et le Niger. Le CNSP a abrogé en novembre 2023, la loi portant sur la criminalisation du trafic des migrants promulgué par l’ancien président Issoufou. Cela a eu pour impact de redonner vie à la cité d’Agadez qui est le point de passage des migrants vers l’occident. Mais du côté de la Lybie, cette décision n’est pas favorablement accueillie à cause des difficultés que pose l’afflux de migrants subsahariens. Un protocole d’accord a été signé pour établir des zones franches et des zones de libre-échange près de la frontière commune.
Cette visite intervient aussi dans un double contexte marqué par le désir du maréchal Haftar d’étendre son contrôle vers le sud et la volonté de Niamey de lutter contre les groupes rebelles qui occupent la zone frontalière entre le Niger et la Lybie. Pour certains analystes, ce rapprochement est perçu comme une stratégie de Moscou qui souhaite accroître son influence en Afrique du Nord et au Sahel. La situation en Libye demeure complexe, avec un gouvernement à Tripoli reconnu par l’ONU et un autre à Benghazi, dirigé par le maréchal Haftar, un ancien membre de la CIA aujourd’hui soutenu par la Russie et qui n’est pas reconnu internationalement.
La Rédaction

