Implantée au cœur de la capitale togolaise, la plateforme aéroportuaire Gnassingbé Eyadéma doit composer avec une densification lumineuse croissante. La Société aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT) engage une campagne de sensibilisation pour réduire les risques liés aux émissions lumineuses non aéronautiques.
En aéronautique, les risques ne proviennent pas uniquement des conditions météorologiques ou techniques. Ils peuvent aussi résulter de l’environnement urbain immédiat des infrastructures aéroportuaires.
C’est dans ce contexte que la Société aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT) a lancé une campagne de sensibilisation à destination des riverains et des acteurs économiques installés aux abords de l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma de Lomé. L’objectif est de prévenir les perturbations liées aux émissions lumineuses non aéronautiques.
Une menace discrète mais opérationnellement sensible
Certaines sources lumineuses peuvent perturber la visibilité des pilotes lors des phases critiques de vol, notamment à l’atterrissage nocturne.
Sky tracers, projecteurs de chantiers, lasers de spectacles, éclairages de stades ou encore installations lumineuses de grues figurent parmi les dispositifs identifiés comme potentiellement dangereux lorsqu’ils sont mal orientés ou excessivement puissants.
Dans certains cas, ces lumières peuvent être confondues avec des balises aéronautiques ou créer des illusions visuelles susceptibles d’altérer les trajectoires d’approche.
Un aéroport inséré dans un tissu urbain dense
La problématique est accentuée par la localisation même de l’aéroport de Lomé, situé à proximité immédiate du centre-ville. Cette configuration entraîne une superposition entre les activités urbaines, commerciales et les zones d’approche aérienne.
À mesure que la capitale se développe, la multiplication des sources lumineuses dans l’environnement proche de la piste renforce les contraintes de sécurité opérationnelle.
Une responsabilité partagée entre acteurs urbains
Pour la direction de la SALT, la gestion de ce risque ne peut reposer uniquement sur les autorités aéronautiques. Elle implique également les riverains, les entreprises et les collectivités locales.
Le directeur général de la SALT, Kanka-Malik Natchaba, insiste sur la nécessité d’une prise de conscience collective. Selon lui, la sécurité aérienne dépend aussi du comportement des acteurs présents dans l’environnement immédiat de l’aéroport.
La campagne vise ainsi à renforcer la sensibilisation et à encourager des pratiques plus conformes aux exigences de sécurité aérienne.
Un enjeu d’aménagement urbain et de sécurité aérienne
Au-delà de la sensibilisation, cette initiative met en évidence un enjeu plus large d’aménagement du territoire. La cohabitation entre infrastructures stratégiques et expansion urbaine impose une gestion plus fine des usages lumineux dans les zones sensibles.
Dans un contexte de croissance du trafic aérien régional, la maîtrise des nuisances visuelles devient un paramètre essentiel de la sécurité et de la performance des plateformes aéroportuaires.
La Rédaction

