À Lomé comme dans plusieurs villes du Togo, un phénomène inquiétant s’installe dans le quotidien urbain : des eaux usées domestiques, des boues de vidange et divers déchets sont régulièrement déversés dans les caniveaux publics. Ce geste, souvent banalisé, fragilise pourtant les infrastructures et aggrave les risques sanitaires.
Des ouvrages publics détournés de leur fonction
Les caniveaux sont conçus pour évacuer les eaux pluviales. Lorsqu’ils reçoivent des eaux grasses, des résidus ménagers ou des déchets solides, leur capacité d’écoulement diminue considérablement. Les conséquences sont visibles : obstruction rapide, stagnation d’eau, mauvaises odeurs et inondations à la moindre pluie.
Ces dégradations accélèrent l’usure des infrastructures financées par l’argent public. Les travaux de réhabilitation deviennent plus fréquents et plus coûteux, pesant sur les budgets municipaux déjà contraints.
Un risque sanitaire sous-estimé
Les eaux stagnantes constituent un terrain favorable à la prolifération des moustiques et des bactéries. Dans un contexte tropical, cela augmente les risques de paludisme, d’infections hydriques et de maladies diarrhéiques. Ce qui semble être un simple geste de commodité peut ainsi avoir des répercussions directes sur la santé publique.
L’État seul responsable ?
Dans le débat public, l’état des biens collectifs est souvent imputé aux autorités. Pourtant, la gestion durable des infrastructures repose aussi sur le civisme des citoyens. Un réseau d’assainissement, aussi performant soit-il, ne peut fonctionner si son usage est détourné.
La question est donc double : celle de la gouvernance et celle du comportement individuel. Les investissements publics en matière d’assainissement ne produiront des effets durables que si les pratiques évoluent.
Pour une culture de responsabilité
La solution passe par :
•des campagnes de sensibilisation continues
•l’application effective des sanctions prévues par les règlements municipaux
•l’amélioration des services de gestion des eaux usées
•l’implication des quartiers dans des actions régulières de salubrité
Préserver les infrastructures publiques n’est pas uniquement une obligation administrative, c’est un devoir citoyen. La qualité de l’environnement urbain dépend autant des politiques publiques que des gestes quotidiens.
La Rédaction

