Les Journées économiques du Burkina Faso, qui se sont tenues les 3 et 4 décembre à Bamako, marquent le début d’une nouvelle ère pour l’intégration économique du Niger, du Mali et du Burkina Faso, désormais regroupés sous la Confédération des États du Sahel. Cette initiative ambitionne de redéfinir les relations économiques de ces pays, particulièrement après leur séparation prévue de la CEDEAO d’ici janvier 2025. Un divorce qui pourrait avoir des conséquences économiques majeures, mais qui n’ombre pas les atouts présents dans ces nations.
La rencontre a pour objectif de faire découvrir les potentialités économiques du Burkina Faso aux autres membres de la Confédération, des pays qui, malgré leur enclavement et des ressources naturelles limitées, possèdent de nombreux atouts. Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a souligné que ces journées représentent « la feuille de route de la Confédération des États du Sahel pour le développement des trois pays », dans un contexte marqué par des défis sécuritaires qui appellent à une solidarité renforcée.
La vision des leaders de cette Confédération est claire : le développement doit impérativement être industriel. Pour Moussa Alassane Diallo, ministre malien de l’Industrie et du Commerce, ce développement « sera industriel ou ne sera pas ». La priorité est de diversifier la production agricole et d’instaurer un climat propice aux investissements locaux et internationaux.
Loin de se laisser décourager par les défis du climat et des ressources naturelles limitées, ces pays enclavés parviennent néanmoins à se démarquer. Le Mali, par exemple, figure parmi les moteurs du commerce intra-africain en 2023, un phénomène en forte croissance, comme le montre le rapport de la Banque africaine d’import-export. Le commerce intra-régional représente désormais 15% des échanges commerciaux en Afrique, contre 13,6% en 2022.
L’or, le coton et le pétrole : Les pierres angulaires de la nouvelle route
Les échanges économiques entre ces pays s’appuient sur des produits stratégiques tels que l’or, le coton et le pétrole. En 2022, le commerce entre le Mali et le Burkina Faso a concerné principalement l’or et le coton, avec un volume d’échanges avoisinant les 8 milliards de dollars. Le Burkina Faso, qui a récemment lancé la construction de sa première raffinerie d’or, mise sur cette ressource pour stimuler son économie. De son côté, le Mali, troisième producteur d’or en Afrique, prévoit la construction d’une raffinerie d’or avec une capacité de production annuelle de 200 tonnes.
En parallèle, la production de coton est en forte hausse. Le Mali, avec 690.000 tonnes de coton en 2022, est redevenu le premier producteur d’Afrique de cette fibre. Le Burkina Faso, quant à lui, se classe au deuxième rang avec une production de 411.000 tonnes. Cette dynamique se reflète également dans le secteur pétrolier, où le Niger prévoit une croissance économique notable grâce à ses exportations de pétrole et une agriculture florissante.
Les risques du divorce avec la CEDEAO
La décision des trois pays de se séparer de la CEDEAO pourrait entraîner la suspension de projets économiques d’envergure dans la région, évalués à près de 500 millions de dollars. De plus, cette rupture pourrait isoler ces nations des institutions financières et de développement de la CEDEAO, telles que la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), avec des répercussions négatives sur leurs économies.
Malgré ces défis, la Confédération des États du Sahel entend avancer sur son propre chemin, en surmontant les obstacles grâce à des ressources et une volonté politique affirmées.
La Rédaction

