Le Sahel s’affirme comme le nouvel épicentre mondial du terrorisme, avec des répercussions directes pour la sécurité européenne. João Cravinho, représentant spécial de l’Union européenne pour la région, a alerté depuis Accra sur l’expansion des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique dans le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Début octobre, le commissariat de Ségbana, dans le nord-est du Bénin, a été attaqué par un groupe jihadiste venu du Nigeria, démontrant la capacité de ces organisations à franchir les frontières et à déstabiliser des pays jusque-là relativement épargnés. « Les organisations terroristes ne restent pas là où elles sont. Elles constituent un fléau pour les populations locales et une menace pour d’autres régions », a souligné João Cravinho.
Les données de l’ONG Acled montrent que le nombre d’attaques jihadistes dans la région a explosé, passant de 1 900 en 2019 à plus de 5 500 en 2024 et 3 800 avant le 10 octobre 2025. Cette zone, désormais étendue sur un territoire équivalent à deux fois la superficie de l’Espagne, a enregistré environ 76 900 victimes depuis six ans.
La situation politique fragile contribue à l’aggravation de la crise. Les coups d’État successifs au Mali, au Burkina Faso et au Niger, ainsi que la décision de ces trois pays de quitter la CEDEAO, ont profondément modifié l’équilibre régional. Selon Cravinho, l’Union européenne cherche de nouvelles formes de coopération pour relever ces défis sécuritaires.
L’UE entend maintenir un dialogue avec les juntes malgré les divergences politiques et soutenir des initiatives régionales pour contrôler les flux migratoires non réglementés, qui inquiètent de nombreux pays européens. « Je me suis rendu dans ces trois pays et je prévois d’y retourner au début de l’année prochaine pour établir un nouveau type de relations basé sur la sécurité et la stabilité », a précisé le représentant spécial.
Concernant la dépendance croissante du Mali à l’égard de la Russie, Cravinho a averti que « la Russie n’est pas en mesure d’apporter les solutions dont les Maliens ont besoin. Depuis son arrivée, la situation s’est aggravée ».
L’Union européenne insiste ainsi sur l’importance d’une coordination régionale et internationale pour contenir la montée du jihadisme au Sahel et protéger la sécurité européenne.
La Rédaction

