Face aux tensions xénophobes en Afrique du Sud, le Nigeria engage des démarches diplomatiques pour obtenir réparation au profit de ses citoyens contraints de quitter leurs investissements. Une initiative qui ouvre un nouveau front entre Abuja et Pretoria.
ABUJA / PRETORIA — Le gouvernement nigérian a annoncé avoir engagé des discussions avec les autorités sud-africaines en vue d’obtenir une compensation pour les biens et entreprises abandonnés par des ressortissants nigérians retournant au pays dans un contexte de tensions anti-immigrés.
L’initiative intervient alors qu’un nombre croissant de migrants choisissent un retour volontaire au Nigeria, certains sous la pression d’appels émanant de groupes de défense des droits en Afrique du Sud, demandant le départ des étrangers en situation irrégulière avant une échéance fixée au 30 juin.
Selon Alexander Ajayi, haut-commissaire par intérim du Nigeria en Afrique du Sud, Abuja entend s’assurer que les pertes économiques subies par ses ressortissants ne restent pas entièrement à leur charge. Il s’exprimait sur Channels Television.
Un recensement des biens laissés sur place
Les autorités nigérianes ont déjà lancé une opération de documentation des actifs abandonnés par les personnes rapatriées ou en cours de retour volontaire. Entreprises, véhicules et biens immobiliers sont concernés par ce recensement.
Selon le diplomate, cette démarche a été évoquée avec le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, avec un accord de principe pour structurer la collecte des informations.
Les ressortissants concernés sont appelés à fournir des données précises avant leur départ, afin d’établir un inventaire fiable des pertes.
Une base de négociation avec Pretoria
Ces éléments doivent servir de fondement aux futures discussions entre les deux pays. L’objectif affiché par Abuja est de présenter un dossier consolidé permettant d’identifier les actifs concernés et d’évaluer les possibilités de compensation.
Pour le gouvernement nigérian, cette étape constitue la prochaine phase des échanges diplomatiques avec Pretoria, dans un contexte où les tensions liées à l’immigration continuent d’alimenter des frictions politiques et sociales en Afrique du Sud.
La Rédaction

