Kigali dénonce une « procédure irrégulière » menée par le Burundi, après le rejet d’un projet de soutien continental par une majorité d’États membres de l’Union africaine.
Le Rwanda a vivement réagi vendredi à la tentative du président burundais Évariste Ndayishimiye de promouvoir une candidature africaine unifiée autour de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Une initiative qui a finalement été rejetée par vingt États membres de l’Union africaine (UA), invoquant des irrégularités de procédure.
Kigali dénonce une « procédure viciée »
Dans une déclaration publiée sur X, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a dénoncé un « diktat », estimant que l’épisode révélait des dysfonctionnements au sein de l’organisation continentale. Selon lui, une institution africaine ne peut être « plongée dans une crise par son propre président en exercice ».
Pour Kigali, le rejet du projet ne vise pas la personnalité de Macky Sall, mais la méthode employée. Le Rwanda évoque une procédure jugée non conforme aux règles internes de l’Union africaine et au principe de consultation préalable des États membres.
Une initiative contestée au sein de l’Union africaine
Selon la Commission de l’UA, le projet de décision n’a pas été adopté, vingt États ayant « rompu le silence » dans le cadre de la procédure écrite, empêchant ainsi sa validation. Cette opposition a bloqué toute adoption automatique du soutien continental.
D’après Kigali, la démarche aurait été initiée le 2 mars 2026 par la présidence en exercice de l’UA, via la transmission de la candidature de Macky Sall aux Nations Unies sans concertation suffisante. Une tentative de validation accélérée aurait ensuite été engagée à travers des consultations restreintes et une procédure dite « silencieuse » de 24 heures.
Le Sénégal se désolidarise de l’initiative
Dans une note verbale distincte, le Sénégal a indiqué n’avoir à aucun moment endossé cette candidature ni participé à son élaboration. Dakar affirme ne pas être associé à l’initiative, se distanciant ainsi du processus engagé en son nom.
Cette position fragilise davantage le projet, déjà contesté au sein des instances africaines.
Un soutien initial rapidement fragilisé
La veille, le Bureau de l’Assemblée de l’Union africaine avait pourtant évoqué le profil et l’expérience de Macky Sall, appelant à une forme de solidarité continentale autour de sa candidature. Mais cet élan initial s’est rapidement heurté à des divergences entre États membres.
Une candidature désormais sans appui continental
Avec le rejet de la procédure et la position du Sénégal, la candidature de l’ancien président sénégalais se retrouve privée de soutien officiel de l’Union africaine. Le Burundi continue toutefois de défendre cette option sur la scène diplomatique.
Dans la course à la succession d’António Guterres, dont le mandat prend fin en décembre 2026, plusieurs candidatures restent en lice, dont celles de Rafael Grossi et Rebeca Grynspan. Les auditions publiques doivent débuter le 20 avril.
La Rédaction

