La République démocratique du Congo (RDC) se trouve de nouveau sous tension alors que Kinshasa accuse le mouvement rebelle M23 de recevoir des renforts militaires en provenance du Rwanda, tandis que des initiatives diplomatiques visant à instaurer un cessez-le-feu continuent sous médiation internationale.
L’est du pays, riche en minerais et frontalier avec le Rwanda, est en proie à des violences depuis trois décennies. Depuis le début de l’année, le M23 a renforcé son emprise sur des villes clés comme Goma et Bukavu, suscitant de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale.
En juillet dernier, Kinshasa et le M23 avaient signé une déclaration de principe en faveur d’un « cessez-le-feu permanent », dans la continuité de l’accord conclu entre la RDC et le Rwanda fin juin à Washington. Malgré ces engagements, les affrontements se poursuivent. Mardi, le M23 a accusé les autorités congolaises de « saper tous les efforts internationaux de paix » en lançant des opérations offensives sur plusieurs de ses positions, selon un communiqué de son porte-parole, Lawrence Kanyuka.
Mercredi soir, le ministre congolais de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, a rejeté ces accusations, affirmant que les déclarations du M23 révèlent « une volonté manifeste de boycotter les processus de médiation de Doha et Washington ». Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a pour sa part souligné que le processus de paix « n’est pas au point mort » et a précisé qu’un comité chargé de suivre les violations du cessez-le-feu pourrait se réunir « dans les prochains jours ». Il a également évoqué l’élaboration prochaine d’une feuille de route pour un échange de prisonniers entre les parties, prévu à Doha.
Les derniers jours ont été marqués par des affrontements sporadiques entre l’armée congolaise et le M23, ainsi que des milices locales affiliées à Kinshasa, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, sans gain territorial significatif, selon des sources locales et sécuritaires.
Une conférence internationale sur la région des Grands Lacs s’ouvre jeudi à Paris. Elle vise à mobiliser la communauté internationale face à la crise humanitaire dans l’est de la RDC et à soutenir les efforts de médiation menés par les États-Unis et le Qatar, ont indiqué les organisateurs français.
La Rédaction

