Depuis près d’un mois, le Rwanda fait face à une épidémie du virus de Marburg, l’un des virus les plus meurtriers au monde. Malgré la gravité de la situation, la riposte efficace du pays a été saluée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Avec un taux de mortalité de 24 %, l’OMS a estimé que les mesures rigoureuses mises en place par le Rwanda permettent d’envisager une réduction des interdictions de voyage vers le pays, contribuant à apaiser les inquiétudes de la population, notamment dans les grandes villes comme Kigali.
Les efforts du Rwanda ont porté leurs fruits : bien que 62 cas aient été recensés, dont 15 décès, la propagation du virus a été contenue, épargnant potentiellement d’autres vies. La majorité des victimes étaient des professionnels de la santé, souligne le ministre rwandais de la Santé, le Dr Sabin Nsanzimana. « Nous avons appris de cette épidémie et nous allons ajuster nos protocoles, notamment en renforçant les systèmes de surveillance dans nos hôpitaux pour mieux protéger les soignants », a-t-il déclaré.
Le 27 septembre, le virus a été officiellement détecté dans les principaux hôpitaux du pays. Rapidement, le Rwanda a mobilisé ses ressources pour obtenir 700 doses d’un vaccin expérimental développé en partenariat avec le Sabin Vaccine Institute. Bien qu’aucun vaccin ou traitement contre le virus de Marburg ne soit encore homologué, les essais en cours laissent espérer des progrès, d’autant que ce vaccin a déjà été testé en Ouganda et au Kenya.
Le Rwanda a également introduit des traitements de soutien, tels que le Remdesivir et des anticorps monoclonaux, pour améliorer les chances de guérison des patients. À ce jour, plus de 1 149 vaccins ont été administrés, principalement aux professionnels de santé, réduisant ainsi les risques de transmission en milieu hospitalier. En date du 21 octobre 2024, 46 personnes sont déclarées guéries, tandis qu’un seul patient reste sous surveillance médicale.
La réponse rapide et organisée du Rwanda a attiré l’attention internationale, y compris celle du directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Ghebreyesus, qui a salué la gestion exemplaire de la crise. « Le leadership rwandais a joué un rôle essentiel dans cette réponse. J’ai pu constater l’engagement du président et la coordination rigoureuse des mesures de prévention », a-t-il affirmé lors de sa visite à Kigali.
Le virus de Marburg, à l’origine de fièvres hémorragiques similaires à Ebola, se transmet par contact direct avec des chauves-souris ou des fluides corporels infectés. Le Rwanda a su mobiliser des ressources pour limiter la propagation et éviter de potentielles restrictions de voyage ou de commerce qui auraient affecté son économie.
Alors que le Rwanda maintient une vigilance accrue pour prévenir une nouvelle flambée, la gestion de cette épidémie de Marburg témoigne de sa capacité à surmonter des crises sanitaires majeures, offrant un modèle de résilience à l’échelle internationale.
La Rédaction

