Le Malawi vient d’annoncer un soutien agricole d’une ampleur inédite en provenance du Maroc : 1 000 tonnes d’engrais pour la campagne 2025/2026, un appui alimentaire d’urgence et un volume supplémentaire de fertilisants proposés à tarif préférentiel. Cette décision, rendue publique par Lilongwe, intervient à un moment critique pour les petits producteurs, confrontés à des saisons de plus en plus imprévisibles.
Selon le ministre des Affaires étrangères George Chaponda, en mission à Rabat, cette dotation parvient « au moment le plus sensible » pour les agriculteurs malawiens. Le réseau Cisanet, représentant la société civile agricole, a d’ailleurs rappelé la nécessité « d’améliorer l’accès des petits exploitants aux intrants » dans un contexte de vulnérabilité accrue et de crises climatiques répétées.
L’aide alimentaire promise par Rabat vise directement les ménages les plus touchés par la faim, alors que le président Arthur Peter Mutharika a récemment déclaré l’état de catastrophe nationale. D’après les estimations onusiennes, plus de douze millions de personnes en Afrique australe sont déjà en situation d’insécurité alimentaire.
George Chaponda a qualifié sa visite de « succès éclatant », soulignant que ses échanges avec Nasser Bourita ont permis de sceller des engagements concrets. Rabat élargira notamment le contingent de bourses offertes aux étudiants malawiens, qui passera de 100 à 130 places. Parallèlement, les deux capitales préparent un travail conjoint dans plusieurs secteurs stratégiques : commerce, industrialisation, tourisme, énergies renouvelables, santé et agriculture.
L’annonce majeure concerne l’implantation au Malawi d’une usine marocaine de production de fertilisants. Cette infrastructure est présentée par Lilongwe comme « un tournant capable de remodeler l’avenir agricole du pays », en renforçant l’autonomie locale et en fournissant des capacités supplémentaires à l’échelle régionale. L’initiative s’inscrit dans les priorités regroupées dans la stratégie nationale Four Fs : sécurité alimentaire, fertilisants, carburant, devises et médicaments.
Pour structurer cette nouvelle étape de coopération, une feuille de route bilatérale 2026–2028 sera publiée dans les prochains mois. Elle encadrera la mise en œuvre des engagements et définira les objectifs communs pour les trois prochaines années.
La Rédaction

