Quatre membres de l’ONG britannique “Just Stop Oil” ont été condamnés à des peines de prison ferme par un tribunal de Manchester, le 27 mai.
Leur crime : avoir projeté une action symbolique à l’aéroport de Manchester dans le cadre du mouvement international “Oil Kills” — “Le pétrole tue” — destiné à dénoncer la dépendance mondiale aux énergies fossiles. Ils n’ont pourtant jamais atteint leur cible.
Arrêtés à l’aube du 5 août 2024, avant même d’avoir pu pénétrer sur les pistes, les quatre militants — âgés de 22 à 54 ans — avaient reconnu les faits. Ils espéraient ainsi une indulgence. En vain. Le verdict est tombé comme un couperet : entre 18 et 30 mois de prison ferme pour “conspiration en vue de causer une nuisance publique”, une infraction de plus en plus utilisée contre les mouvements écologistes au Royaume-Uni.
En février 2025, ils avaient été déclarés coupables, puis libérés sous caution dans l’attente de leur condamnation finale. Leur retour en détention marque un tournant inquiétant dans la manière dont l’État britannique traite la désobéissance civile non-violente.
Un précédent inquiétant
La sévérité du jugement contraste avec les décisions rendues dans d’autres pays. En Norvège, par exemple, une militante arrêtée pour avoir brièvement bloqué l’aéroport d’Oslo dans le cadre du même mouvement “Oil Kills” n’a écopé que d’une amende symbolique. « Il est terrifiant de voir l’érosion des libertés civiles au Royaume-Uni », s’est-elle inquiétée.
La réaction des défenseurs du climat est à la hauteur de la sidération. Tzeporah Berman, présidente de l’Initiative pour un traité de non-prolifération des combustibles fossiles, dénonce une criminalisation pure et simple de l’activisme climatique : « Les citoyens qui se lèvent pour sensibiliser la population à la manière dont les combustibles fossiles menacent nos enfants et notre santé ne sont pas des criminels. L’Histoire se souviendra d’eux comme de héros. »
Alors que les vagues de chaleur et les catastrophes naturelles s’intensifient, ces peines de prison rappellent une autre urgence : celle de défendre, en parallèle de la planète, le droit de protester pour la sauver.
La Rédaction

