Le Kremlin a annoncé samedi que le président russe Vladimir Poutine ordonnait une cessation temporaire des hostilités en Ukraine à l’occasion de la Pâque orthodoxe. Cette trêve de 36 heures, censée durer du samedi à 18h (heure de Moscou) jusqu’à minuit dimanche, serait guidée par des « considérations humanitaires ».
Un cessez-le-feu unilatéral
Dans une déclaration relayée par le Kremlin, Poutine a précisé avoir donné l’ordre à l’armée russe de suspendre toutes les opérations militaires pendant la durée de cette trêve. « Nous supposons que la partie ukrainienne suivra notre exemple », a-t-il ajouté, tout en instruisant ses troupes de se tenir prêtes à répondre à toute « provocation ou action agressive » de l’ennemi.
Le ministère russe de la Défense a confirmé cette décision en soulignant qu’il s’agissait d’un geste humanitaire. L’annonce survient alors que les combats se poursuivent dans plusieurs régions frontalières, notamment près de Koursk, où Moscou affirme avoir repoussé les troupes ukrainiennes du village d’Oleshnya.
Kyiv silencieuse, Washington sceptique
Du côté ukrainien, aucune réponse officielle n’avait été formulée au moment de l’annonce. La veille, le président Volodymyr Zelensky avait dénoncé une série de frappes russes meurtrières : « C’est ainsi que la Russie commence le Vendredi Saint : avec des missiles balistiques, des Shaheds, et des destructions », avait-il déclaré sur X (ex-Twitter).
Les précédents cessations annoncées par Moscou n’avaient pas été respectées sur le terrain. En janvier 2023, lors d’une trêve similaire à Bakhmout, les bombardements n’avaient pas cessé, et les troupes russes avaient continué leur avancée, provoquant la chute de la ville après des semaines de combats.
Pression américaine et posture stratégique
La déclaration de Poutine intervient aussi dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes. Le président américain Donald Trump, engagé dans une tentative de médiation, a récemment menacé de « renoncer » aux pourparlers de paix si aucune avancée concrète n’était enregistrée. Son secrétaire d’État, Marco Rubio, avait donné quelques jours aux belligérants pour montrer des signes de bonne volonté, faute de quoi les États-Unis se retireraient des négociations.
Cette trêve pascale pourrait ainsi servir de levier diplomatique pour Moscou, qui cherche à apparaître comme l’acteur le plus enclin à la désescalade. Mais sur le terrain, la méfiance règne, tant en Ukraine que chez ses alliés, face à une manœuvre perçue comme une opération de communication plus qu’un véritable cessez-le-feu.
La Rédaction

