Créée pour faire la lumière sur les graves violations des droits humains dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU est aujourd’hui à l’arrêt. Faute de ressources, ses travaux n’ont jamais véritablement commencé, laissant de nombreuses exactions dans l’ombre et leurs auteurs impunis.
Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a récemment tiré la sonnette d’alarme. Il déplore une baisse dramatique des financements : 60 millions de dollars en moins dans les contributions volontaires au Bureau des droits de l’homme cette année. L’impact est immédiat. Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, plusieurs cas documentés de violences sexuelles demeurent sans suite judiciaire, faute d’enquêtes approfondies.
Lancée en février 2025 lors de la 37ᵉ session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme, cette mission devait initialement disposer d’un budget de 3,9 millions de dollars. Mais cette enveloppe n’a jamais été réunie. Les principaux bailleurs, dont les États-Unis, ont réduit leurs contributions à l’aide internationale, laissant la commission sans moyens d’action.
Le mandat de la commission est pourtant crucial : documenter les violations commises à Goma et Bukavu après leur occupation par les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda selon Kinshasa. Dans un contexte où l’impunité est la norme, le gel de cette mission représente un coup dur pour les victimes, mais aussi pour la justice internationale.
La Rédaction

