Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement déclaré la fin de la 16ᵉ épidémie de Ebola virus disease (MVE) dans la province du Kasaï.
Un cessement après 42 jours sans nouveau cas
L’annonce officielle intervient après 42 jours consécutifs sans nouveau cas confirmé, depuis la sortie du dernier patient guéri le 19 octobre 2025.
Cette période correspond à deux cycles d’incubation complets, conforme aux recommandations de World Health Organization (OMS).
Bilan de l’épidémie : cas, décès et riposte
• Cas enregistrés : 64 cas au total — 53 confirmés et 11 probables.
• Décès : 45 personnes sont décédées, ce qui porte le taux de létalité à environ 70,3 %. • Zones affectées : six zones de santé dans la zone de santé de Bulape, notamment les secteurs de Bambalaie, Bulape, Bulape-Com, Dikolo, Ingongo et Mpianga.
• Personnel de santé touché : plusieurs soignants — y compris des infirmiers et un technicien de laboratoire — ont été infectés, certains en sont morts.
Une riposte rapide, coordonnée, efficace
Le succès de cette riposte tient à une mobilisation exemplaire des autorités nationales, de l’OMS et de ses partenaires.
Parmi les actions menées : déploiement d’équipes sur le terrain, renforcement de la surveillance épidémiologique, isolement et traitement des cas, traçage des contacts, vaccination, sensibilisation communautaire et campagne de communication.
La vaccination a concerné plusieurs dizaines de milliers de personnes, notamment les contacts des cas confirmés et les communautés environnantes.
Vers une vigilance durable — surveillance renforcée
Avec la fin de l’épidémie, la RDC bascule désormais dans une phase de surveillance accrue, d’une durée d’au moins 90 jours, afin de repérer rapidement toute résurgence éventuelle.
Un programme de suivi et de soutien aux survivants a aussi été mis en place, avec assistance psychosociale, soins, et accompagnement communautaire afin de réduire le stigmate et garantir l’intégration des rescapés.
Enjeux et enseignements
La maîtrise de cette flambée — survenue dans une zone rurale isolée aux infrastructures limitées — prouve que, même dans des contextes difficiles, une réponse rapide, bien coordonnée et soutenue par des partenaires internationaux peut stopper une épidémie meurtrière. Le cas de Bulape illustre l’importance de la vigilance, de la réactivité, de la couverture vaccinale et de la sensibilisation communautaire — piliers essentiels de la lutte contre Ebola.
La fin de cette épidémie ne marque pas la fin du risque. Elle souligne cependant la nécessité de maintenir un système de santé robuste, une surveillance permanente, et un engagement continu pour prévenir de nouvelles flambées.
La Rédaction

