Kinshasa – Quelques semaines après leur arrivée dans la capitale congolaise, une partie des migrants sud-américains expulsés des États-Unis ont commencé à quitter la République démocratique du Congo pour regagner leurs pays d’origine. Une séquence brève mais révélatrice des tensions diplomatiques et humanitaires entourant ce dispositif d’expulsion vers des pays tiers.
L’opération, initiée mi-avril, concernait quinze ressortissants originaires de Colombie, d’Équateur et du Pérou, transférés vers Kinshasa dans le cadre d’un mécanisme migratoire mis en place par Washington. Le dispositif, qui consiste à rediriger certains migrants expulsés vers des États tiers acceptant leur accueil temporaire, suscite depuis son lancement de nombreuses critiques sur sa légalité et ses implications humanitaires.
Selon les autorités congolaises, plus de la moitié des personnes concernées ont déjà quitté le territoire pour rejoindre leur pays d’origine. Kinshasa précise que leur présence en RDC n’avait qu’un caractère transitoire et que les départs vont se poursuivre dans les prochains jours, au gré des arrangements administratifs et consulaires.
Sur le terrain, cette courte phase de transit a ravivé les débats autour de la capacité du pays à absorber des dispositifs migratoires externalisés. Dans un contexte socio-économique fragile, où une large part de la population vit sous le seuil de pauvreté, l’accueil de ces migrants a immédiatement suscité des réactions critiques au sein de la société civile.
Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent par ailleurs un mécanisme qui, selon elles, contournerait les principes du droit international en matière de protection des personnes migrantes et de non-refoulement. Elles pointent également le risque de créer des zones grises juridiques dans le traitement des expulsions hors du territoire américain.
Au-delà du cas congolais, cette séquence illustre la montée en puissance de politiques migratoires dites “externalisées”, où les États cherchent à déléguer la gestion des expulsions à des pays tiers. Une tendance qui, en Afrique comme ailleurs, soulève des interrogations croissantes sur la souveraineté des États d’accueil et les conditions réelles de protection des personnes concernées.
La Rédaction

