Une tragédie minière secoue la République démocratique du Congo (RDC) : au moins 200 personnes ont péri dans l’effondrement d’une mine de coltan contrôlée par la milice M23, dans la province du Nord-Kivu. Cet accident rappelle que ce type de drames n’est malheureusement pas isolé sur le continent africain.
Mercredi après-midi, une partie d’un versant de la mine de Rubaya s’est effondrée, ensevelissant des mineurs et des chiffonniers travaillant sur le site. Un second glissement de terrain a suivi jeudi matin, aggravant le bilan humain. « Il a plu, puis il y a eu un glissement de terrain qui a emporté des gens. Certains ont été engloutis, d’autres sont morts dans les puits. Beaucoup sont encore coincés à l’intérieur », a expliqué Franck Bolingo, mineur sur place. Vendredi, des dizaines de personnes continuaient à creuser à la pelle, espérant retrouver des survivants.
Depuis sa résurgence en 2021, le groupe armé M23 s’est emparé de larges territoires dans l’est de la RDC. En avril 2024, avec le soutien présumé du Rwanda, la milice a pris le contrôle de la mine de Rubaya, qui produit entre 15 et 30 % du coltan mondial, un minerai essentiel à la fabrication d’appareils électroniques tels que ordinateurs portables et téléphones. Selon les experts de l’ONU, le M23 a instauré une administration parallèle pour réguler l’exploitation de la mine et tire environ 800 000 dollars par mois grâce à une taxe sur la production et la vente de coltan.
Au-delà de la RDC, l’Afrique connaît régulièrement des drames similaires. Au Nigeria, l’exploitation illégale de carburant dans les pipelines a provoqué plusieurs explosions mortelles au cours des dernières années, tandis que des effondrements de mines artisanales se produisent régulièrement au Ghana, en Tanzanie ou au Burkina Faso. Ces catastrophes mettent en lumière des conditions de travail précaires, l’absence de réglementation et la vulnérabilité des populations face à des industries extractives non contrôlées.
L’est de la RDC, riche en coltan, or et étain, reste une zone particulièrement exposée aux conflits armés et aux catastrophes minières. Plusieurs sociétés minières internationales ont suspendu leurs activités dans la région en raison de l’avancée du M23, tandis que les experts accusent le Rwanda d’utiliser la milice pour détourner les ressources congolaises, accusation que Kigali nie.
L’accident de Rubaya illustre tragiquement l’intersection entre exploitation illégale, conflits armés et risques humains. Chaque glissement de terrain ou explosion rappelle que, dans certaines régions africaines, la richesse des sols s’accompagne souvent d’un prix humain considérable.
La Rédaction

