À trois jours du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025, le climat politique camerounais reste tendu, marqué par une campagne électorale active, des apparitions publiques rares et des enjeux multiples.
Paul Biya : un meeting rare à Maroua
Le président sortant, Paul Biya, a tenu son premier meeting de campagne le 7 octobre à Maroua, capitale de la région de l’Extrême-Nord. À 92 ans, il est apparu en public pour la première fois depuis son retour d’un séjour en Suisse, souvent associé à des soins médicaux. Accompagné de son épouse Chantal Biya, il a prononcé un discours devant une foule enthousiaste, mettant en avant son bilan et ses priorités pour un huitième mandat.
Lors de son intervention, Biya a abordé des problématiques locales telles que la violence extrémiste, le chômage des jeunes, les infrastructures insuffisantes et les services sociaux déficients. Il a également souligné l’importance de la région de l’Extrême-Nord, qui représente près de 20 % des 8,2 millions d’électeurs inscrits. Cette région, majoritairement musulmane et en proie à la pauvreté, est aussi un bastion de l’opposition avec des figures comme Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakary.
Le meeting s’est déroulé dans un contexte de critiques sur son âge et sa santé, des préoccupations amplifiées par des absences prolongées de la scène politique. Malgré cela, Biya reste le favori du scrutin, soutenu par des réseaux de patronage, des forces de sécurité loyales et une opposition fragmentée.
Les autres candidats en campagne
Cabral Libii (Parti Univers)
Cabral Libii a intensifié sa campagne dans les régions anglophones, notamment à Bamenda. Il critique le RDPC et le président Biya, dénonçant une gestion inefficace du pays et appelant à un changement radical. Libii se positionne comme un candidat du renouveau, proposant des solutions innovantes pour le développement du Cameroun.
Joshua Osih (SDF)
Joshua Osih a lancé sa campagne à Bamenda, mettant l’accent sur l’unité nationale et la dignité retrouvée. Il a promis de résoudre la crise anglophone en 100 jours, une proposition qui a suscité des réactions partagées. Osih continue de mobiliser ses partisans malgré des défis logistiques et une opposition fragmentée.
Issa Tchiroma Bakary
Ancien ministre et ancien allié du régime, Issa Tchiroma Bakary a été désigné candidat consensuel de l’opposition. Cependant, son influence reste limitée et il peine à rassembler un soutien populaire significatif.
Enjeux et perspectives
À quelques jours du scrutin, plusieurs facteurs pourraient influencer le résultat de l’élection :
• Santé de Paul Biya : des préoccupations subsistent sur sa capacité à gouverner, notamment après sa récente absence en Suisse
• Division de l’opposition : malgré des tentatives de rassemblement, l’opposition reste fragmentée, favorisant potentiellement la réélection de Biya
• Problèmes économiques : le Cameroun fait face à des défis économiques, notamment une dette élevée et des tensions liées aux exportations de matières premières.
Le 12 octobre 2025, les Camerounais se rendront aux urnes dans un contexte électoral tendu, avec des enjeux politiques, économiques et sociaux majeurs.
La Rédaction

