Un conflit silencieux mais durable
Dans le nord de l’Éthiopie, la violence s’est installée dans la durée. Loin des projecteurs braqués autrefois sur la guerre du Tigré, la région d’Amhara reste le théâtre d’affrontements persistants entre les forces fédérales éthiopiennes et les milices Fano. Plus de deux ans après le début des hostilités, aucune issue politique claire ne se dessine.
Des milices jadis alliées devenues ennemies
Les Fano ne sont pas nées en opposition au gouvernement. À l’origine, ces groupes armés amhara avaient combattu aux côtés de l’armée fédérale contre le Front populaire de libération du Tigré. Mais l’accord de paix signé fin 2022 a rebattu les cartes. Marginalisées et menacées de désarmement, ces milices se sont progressivement retournées contre Addis-Abeba, dénonçant une trahison des intérêts régionaux et une recentralisation autoritaire du pouvoir.
Une guerre de contrôle territorial
Le rapport de force reste fragmenté. Les forces gouvernementales conservent le contrôle des villes et des axes stratégiques, tandis que les milices Fano dominent de vastes zones rurales. Cette configuration installe une guerre d’usure faite d’embuscades, de raids et de représailles. Les états d’urgence successifs n’ont pas permis de restaurer durablement l’ordre.
Les civils, premières victimes
Les populations locales paient le prix le plus lourd. Déplacements forcés, fermetures d’écoles, pénuries alimentaires et accès limité aux soins rythment le quotidien. Les ONG humanitaires rencontrent de grandes difficultés d’accès, et les coupures de communication rendent toute évaluation précise de la situation incertaine.
Un pouvoir central sous tension
Pour Addis-Abeba, le défi est double : préserver l’unité nationale dans un État fédéral fragilisé tout en évitant l’ouverture de nouveaux fronts internes. Après le Tigré, l’Amhara apparaît comme le symptôme d’une crise plus profonde du modèle politique éthiopien, basé sur un équilibre instable entre identités régionales et autorité centrale.
Une attention internationale limitée
La baisse de l’attention médiatique n’a pas mis fin aux combats. Faute de négociations formelles crédibles entre le gouvernement et les milices Fano, la confrontation se prolonge. La région reste piégée dans une violence chronique, sans front clairement défini ni perspective politique immédiate.
La Rédaction

