La ministre de l’Agriculture et du Développement rural de Guinée-Bissau, Fatumata Djau Balde, participe à la 16e réunion de l’équipe pluridisciplinaire du Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, organisée à Praia, au Cap-Vert. Dans un entretien, elle revient sur les défis de son pays en matière de sécurité alimentaire, l’autonomisation des femmes dans l’agriculture et les solutions innovantes partagées lors de cette rencontre.
Une coordination régionale essentielle
Évoquant ses impressions sur les travaux en cours, la ministre a salué la méthodologie de la FAO, qui rassemble chaque année les acteurs de la sécurité alimentaire. Selon elle, cette démarche favorise l’élaboration d’interventions cohérentes répondant aux priorités des États en matière de production agricole, de protection sociale et de collaboration intersectorielle.
L’agriculture au cœur des préoccupations nationales
En Guinée-Bissau, où plus de 80 % de la population dépend de l’agriculture, les enjeux sont cruciaux. « Améliorer la production de riz, aliment de base, est une priorité. Nous avons les capacités pour des récoltes multiples grâce à des systèmes d’irrigation performants, mais le financement reste une barrière majeure, » a-t-elle souligné.
Outre le manque de fonds, les infrastructures de conservation et de transformation font défaut, ce qui impacte particulièrement les agricultrices, majoritaires dans ce secteur. « Elles produisent abondamment, mais sans moyens de stockage adéquats, une partie importante de leur récolte est perdue. »
Renforcer les droits fonciers des femmes
Malgré des lois favorisant l’égalité, l’accès à la terre demeure un défi pour les femmes. La Guinée-Bissau a adopté des mesures concrètes pour y remédier : « Dans les projets agricoles que nous menons avec des groupes de femmes, nous procédons à la légalisation des terres en leur nom avant de démarrer les activités. Cela garantit leur sécurité et les soutient dans leur autonomisation économique. »
Des initiatives prometteuses à partager
La ministre a également évoqué des actions novatrices pour moderniser l’agriculture et renforcer l’attractivité des zones rurales, comme l’installation de systèmes solaires pour conserver les produits ou encore des programmes de soutien dédiés aux jeunes. Ces solutions, affirme-t-elle, peuvent inspirer d’autres pays de la sous-région.
Des leçons venues d’ailleurs
Lors de la rencontre, la Guinée-Bissau a aussi puisé dans l’expérience des voisins. « Nous avons été particulièrement intéressés par les stratégies horticoles adaptées aux saisons pluvieuses, un enjeu important chez nous en raison des inondations fréquentes. Ces pratiques nous guideront pour mieux gérer notre production. »
Ainsi, ce rendez-vous régional permet d’échanger sur les défis communs et les bonnes pratiques, tout en réaffirmant l’importance de l’agriculture comme levier de développement et d’émancipation, notamment pour les femmes.
La Rédaction

