Alors que les combats s’intensifient à l’est de la République démocratique du Congo, l’ONU tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a présenté lundi 16 juin à Genève les conclusions préliminaires d’une mission d’enquête, pointant des violations massives du droit international humanitaire commises depuis janvier 2025.
Une guerre sans règles
Dans son exposé devant le Conseil des droits de l’homme, Volker Türk a dressé un constat glaçant. Lors de l’offensive lancée en janvier par le groupe armé M23, soutenu militairement par le Rwanda selon l’ONU, des armes lourdes ont été utilisées contre des zones densément peuplées, y compris des camps de déplacés autour de Goma. « Quand les forces armées congolaises ont cédé du terrain, la chaîne de commandement s’est effondrée », a-t-il dénoncé. Résultat : exactions en série de la part de soldats congolais en fuite et de milices Wazalendo alliées à Kinshasa — des pillages, des viols, et des homicides ciblés.
Le Rwanda de nouveau accusé
L’appel lancé par le Haut-Commissaire ne souffre d’aucune ambiguïté. Il exhorte le Rwanda à « retirer ses troupes du territoire congolais et à cesser tout soutien au M23 », en ajoutant que ce soutien documenté alimente une spirale de violences. Kigali, pour sa part, continue de nier toute implication directe dans le conflit.
Un bilan humain encore provisoire
Les combats qui ont secoué le Nord et le Sud-Kivu au cours des six derniers mois ont provoqué le déplacement de milliers de civils. Ces populations, déjà vulnérables, sont aujourd’hui exposées à une insécurité croissante, à la faim et à l’absence de soins. La mission onusienne poursuit ses enquêtes de terrain et indique que plusieurs des actes documentés pourraient relever de crimes de guerre. Le rapport final est attendu pour septembre 2025.
Silence et impunité
La RDC accuse depuis longtemps le Rwanda de jouer un rôle déstabilisateur à l’est du pays. Mais les mécanismes régionaux et internationaux peinent à contenir l’escalade. La Mission de l’ONU en RDC (MONUSCO), en cours de retrait progressif, voit son influence limitée, laissant les civils entre les mains de groupes armés incontrôlables.
Face à ce que l’ONU qualifie de violations « d’une étendue effroyable », le Haut-Commissaire appelle toutes les parties à cesser les hostilités, à renouer le dialogue, et surtout à répondre de leurs actes devant la justice internationale.
La Rédaction

