Les partisans du président camerounais Paul Biya se préparent à célébrer mercredi le 42e anniversaire de son arrivée au pouvoir. Cette longévité soulève des interrogations sur le paysage politique du pays et la nature de la démocratie. Les festivités comprendront des éloges, des réunions publiques, des programmes spéciaux à la radio-télévision d’État, ainsi que des appels à un huitième mandat.
Les militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir, ont été invités à soutenir le chef de l’État de 91 ans, qui a récemment fait son retour dans le pays après une absence de six semaines, marquée par des rumeurs inquiétantes sur sa santé. Jean Nkuete, secrétaire général du parti, a incité les membres à se mobiliser « comme un seul homme » derrière Paul Biya, afin d’assurer la stabilité et le progrès du Cameroun.
Les partisans mettent en avant le « fantastique bilan » du président tout en appelant à « contrer les élucubrations et prédictions malveillantes » à son encontre. Élu en 1982, Paul Biya est présenté comme un symbole du respect de l’âge et des aînés, mais cette longévité soulève des questions sur l’évolution des institutions et des droits démocratiques dans le pays.
Dans l’Ouest, des dizaines de militants et sympathisants ont signé une motion invitant « tous les Camerounais, sans discrimination fondée sur les opinions politiques », à rejoindre l’appel à la candidature de Paul Biya. Bien que cette mobilisation semble nécessaire, elle soulève aussi la question de l’ouverture du débat politique et de la possibilité pour d’autres voix de s’exprimer dans le pays.
La Rédaction

