Alors que le 25 avril marque la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, l’Afrique se retrouve une fois encore face à un paradoxe cruel : des avancées scientifiques incontestables d’un côté, et de l’autre, une crise latente alimentée par le désengagement financier. Sur un continent où le paludisme reste la première cause de mortalité infantile, le moindre recul dans les efforts de prévention peut se traduire par des milliers de vies perdues.
L’introduction du vaccin antipaludique dans le programme de vaccination de routine en Ouganda — 19ᵉ pays africain à l’adopter — aurait dû être un signal d’espoir. Mais cette avancée est fragilisée par une autre réalité : la chute des financements internationaux compromet gravement la lutte contre la maladie. Les campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées prennent du retard, les traitements saisonniers sont suspendus, et les médicaments viennent à manquer. Pour les populations rurales, cela signifie un retour brutal à l’insécurité sanitaire.
L’Organisation mondiale de la Santé alerte : sans une mobilisation politique et financière rapide, les progrès réalisés au cours des deux dernières décennies pourraient s’effondrer. Déjà, les coûts de santé augmentent dans de nombreux pays africains, frappant de plein fouet les familles les plus pauvres, qui n’ont ni les moyens d’acheter des traitements, ni accès à des structures médicales efficaces.
Le paludisme tue toujours un enfant toutes les deux minutes. Et cette statistique glaçante pourrait empirer si la communauté internationale ne redonne pas à la lutte antipaludique sa place dans les priorités sanitaires mondiales. Le vaccin ne suffira pas. Ce qui manque aujourd’hui, c’est la volonté collective de transformer un combat temporaire en stratégie durable.
La Rédaction

